Choisir un emploi: voir au-delà du salaire

Devoir faire un choix entre deux emplois, c’est ce qu’on pourrait appeler un beau problème. Mais il ne faut pas pour autant s’en remettre à tirer à pile ou face pour prendre sa décision. Bien sûr, le salaire compte pour beaucoup, mais il faut voir au-delà de ça. L’emploi qui sera le plus payant au final n’est pas nécessairement celui que l’on pense!
 
D’abord, le salaire dépend notamment de la taille de l’entreprise, de la localisation de l’entreprise, de la concurrence dans un secteur, de la présence d’un syndicat et de la stratégie d’affaires de l’entreprise.
 
Mais il faut aussi évaluer la «rémunération globale» plutôt que sur le simple montant brut du salaire.
 
 
La rémunération globale, c’est...
 
Le salaire
 
Les assurances collectives
 
Le régime de retraite
 
Les bonis annuels
 
Les vacances
 
Les congés
 
 
Qu’est-ce que la rémunération globale?
 
Ça comprend, en plus du salaire, les assurances collectives, les régimes de retraite, les vacances, les jours de congé, les bonis annuels, la possibilité de devenir actionnaire de l’entreprise (une mesure de plus en plus populaire)... Au final, ces éléments peuvent représenter environ le quart du salaire brut. Ce n’est pas rien!
 
Par ailleurs, il faut aussi se questionner sur les modalités de révision salariale: sera-t-il révisé tous les trois mois? Tous les six mois? Une fois par année? Et sous quels motifs? Suivrez-vous une échelle salariale préétablie, ou serez-vous évalué uniquement en fonction de votre performance? 
 
Si vous comptez travailler pour cet employeur pendant plusieurs années, il est important de considérer cet élément. Au bout de cinq ans, deux emplois en apparence similaires au départ pourraient vous mener à des rémunérations bien différentes.
 
Un autre détail important à considérer: l’horaire de travail. Si votre salaire est calculé sur une base annuelle, il faut alors s’interroger sur la durée de la semaine de travail. Selon les entreprises et les milieux, elle peut varier de 35 à 40 heures, ce qui, bien sûr, a des répercussions directes sur le taux de rémunération horaire. 
 
 
L’horaire influence le salaire
 
Pour un salaire annuel de 50 000 $
 
Semaine de 35 heures = 27,47 $ / heure
 
Semaine de 40 heures =24,03 $ / heure
 
 
Et qu’en est-il des heures supplémentaires? Seront-elles payées ou reportées dans une banque de temps? Dans certains cas, comme dans des postes de gestion par exemple, les heures supplémentaires font carrément partie de la description de tâches.
 
Si votre salaire est calculé sur une base horaire, il faut voir si vous aurez un nombre d’heures minimal garanti. 
 
Il faut également être capable de se projeter dans l’avenir et évaluer les possibilités d’avancement.
 
On ne choisit pas uniquement un emploi pour la rémunération. Il faut aussi choisir un emploi qui nous permet d’exploiter nos forces et qui nous donnera l’occasion d’apprendre et de progresser. C’est particulièrement important lorsqu’on est en début de carrière et que nos premières expériences auront un impact sur notre parcours. 
 
De plus, il faut s’interroger sur les possibilités d’avancement: cet emploi sera-t-il assorti d’un plan de carrière clair? Votre progression sera-t-elle encadrée par les gestionnaires, suivra-t-elle un cheminement précis? Aurez-vous accès, avec l’expérience, à d’autres postes dans la hiérarchie? L’employeur offre-t-il des occasions de formation continue? Voilà autant de questions qui pourraient nous aider à prendre notre décision. 
 
Aujourd’hui, bon nombre de travailleurs estiment que changer d’emploi est le seul moyen de faire progresser leur carrière. La possibilité d’envisager un parcours à long terme avec un même employeur peut donc être intéressante, si c’est bien sûr ce que vous recherchez !
 
 
Les possibilités d’avancement
 
Suivrai-je un plan de carrière préétabli?
 
À quel encadrement aurai-je droit?
 
Quelles sont les possibilités d’avancement hiérarchique?
 
Aurais-je des occasions de formation continue?
 
 
On a parfois tendance à l’oublier, mais il faut évaluer la localisation de l’emploi.
 
La localisation entraîne une variation des dépenses liées au transport, ce qui peut engloutir une bonne partie de votre salaire. 
 
Bien sûr, on ne choisit pas uniquement un emploi uniquement parce qu’il est prêt de chez nous. Mais pour deux postes similaires, ça peut peser dans la balance!
 
Devrez-vous vous rendre au travail en voiture? Il vous faut alors comptabiliser les coûts liés à l’essence et à l’entretien de la voiture, car les changements d’huile seront plus fréquents si vous utilisez votre véhicule quotidiennement. 
 
Il faut aussi penser à la question du stationnement: aurez-vous accès à un espace gratuit ou devrez-vous payer pour le stationnement? 
 
Si vous avez l’option de prendre le transport en commun, vous devez comptabiliser l’achat d’un titre mensuel. Comme plusieurs entreprises tendent aujourd’hui à s’établir sur la Rive-Nord et sur la Rive-Sud de Montréal, le coût du titre pourrait être plus élevé si vous devez sortir de l’Île de Montréal. Sachez aussi que certains employeurs remboursent une partie des frais d’achat des titres de transport en commun afin de favoriser leur utilisation.
 
Un autre facteur à considérer: l’emploi se situe-t-il assez près de chez vous pour que vous puissiez considérer aller travailler en vélo ou à pied? Voilà qui pourrait vous faire économiser plusieurs dollars pendant une partie de l’année. 
 
Et bien sûr, le temps a aussi une valeur; devrez-vous traverser la ville matin et soir pour aller travailler et perdre trois heures de votre journée dans les transports? C’est un aspect à considérer.
 
C’est d’abord et avant tout en posant des questions au recruteur qu’on obtiendra la plupart de ces informations. Il ne faut pas hésiter à creuser un peu et à aller au-delà de ce qui est écrit dans l’offre d’emploi.
 
La plupart des recruteurs comprennent qu’il est normal pour un employé de se questionner sur ces détails, vu l’importance qu’ils peuvent avoir sur les plans financiers et personnels. 
 
Cependant, mieux vaut garder ses questions pour la deuxième entrevue, ou, encore mieux, une fois que le poste nous est offert! Il serait mal perçu de poser des questions sur l’horaire, le salaire et les vacances dès le premier contact avec l’employeur. 
 
Par ailleurs, il est judicieux de s’assurer que tous les avantages sociaux sont consignés dans un document écrit signé par l’employé et l’employeur au moment de l’embauche. On évite ainsi tout imbroglio!
 
 
Pour en savoir plus :
 
 
 
 
 
 Chroniqueur: Simon Granger, coordonnateur des contenus chez Jobboom
 
 

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