Devenir travailleur autonome

Les travailleurs autonomes représentent environ 15% de la population active au Québec.
 
Le travail autonome peut être un à-côté ou quelque chose qu’on fait en attendant de trouver un premier boulot ou entre deux emplois. Mais pour en faire son travail à temps plein, il faut prendre la chose au sérieux: c’est un mode de travail qui demande du temps, de l’énergie, de la planification, de l’organisation et une bonne dose de tolérance au stress.
 
On dit souvent qu’être travailleur autonome, c’est devenir son propre patron. Bien qu’il puisse être plaisant de ne pas avoir quelqu’un qui regarde par-dessus son épaule, cela implique aussi beaucoup de responsabilités. Comme on est le patron, on est responsable du succès ou de l’échec de l’entreprise. Et en tant que travailleur autonome, on est aussi un entrepreneur; on est à la tête de sa petite entreprise personnelle, dont on est à la fois le patron et l’employé.
 
Par ailleurs, c’est un peu erroné de dire que l’on n’a pas de patron. On a plutôt une multitude de patrons: nos clients! Ce sont eux qui nous font vivre et qui jugent de la qualité de notre travail ou de nos services. Il faut être conscient de cette réalité lorsqu’on évalue la possibilité de devenir travailleur autonome, et se demander si on a la bonne personnalité pour cela.
 
 
Voici quatre autres qualités d’un bon travailleur autonome:
 
Bon vendeur
 
Il faut savoir trouver des clients et faire la promotion de ses services. Ce qui implique de défoncer des portes closes, réseauter, savoir se montrer convainquant. 
 
 
Organisé
 
On n’a personne qui nous surveille. Alors, il faut être capable de gérer son horaire et sa charge de travail. Il faut être capable de planifier la durée que prendra chaque contrat afin d’avoir un agenda toujours bien rempli, tout en évitant de rater ses échéances.
 
 
À l’aise avec les chiffres
 
Le travail autonome implique beaucoup de comptabilité. Il faut non seulement fixer ses tarifs et gérer ses factures, mais aussi garder le compte de toutes ses dépenses professionnelles, qui peuvent faire l’objet d’un remboursement d’impôt. 
 
 
Résistant au stress
 
Il faut être à l’aise avec l’insécurité financière et l’absence de sécurité d’emploi. Même si on est un excellent gestionnaire, on n’est jamais à l’abri des périodes creuses! Il faut donc être capable de garder l’accent sur le travail et la recherche de clients même quand ça va moins bien, et surtout, ne pas céder à la panique.
 
Il ne faut effectivement pas négliger la valeur de l’expérience. Quand on est travailleur autonome, on vend ses services, mais aussi son expertise.
 
 
On a parfois tendance à idéaliser la vie de travailleur autonome. Il y a toutefois certains mythes qu’il importe de déconstruire. En voici trois:
 
«Mon taux horaire est plus élevé» 
 
Votre revenu dépend, bien entendu, du nombre de clients que vous arrivez à servir, ce qui implique un certain niveau de précarité. On n’a jamais la certitude de dénicher un prochain contrat. De plus, une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec a montré que les travailleurs autonomes tendaient à cumuler des revenus inférieurs d’environ 13,000$ à ceux des employés.
 
 
«Je travaille quand je veux»
 
En tant que travailleur autonome, vous avez la liberté de sortir du carcan du 9 à 5 et des deux semaines de vacances par année. Mais vous devez tout de même savoir quand vous arrêter... et quand donner votre 110%. Un apprentissage qui peut parfois s’échelonner sur plusieurs années avant que l’équilibre parfait entre le travail et le repos soit atteint.
 
 
 «Je travaille à ma façon» 
 
Cette liberté peut être agréable, mais on pourrait également s’ennuyer du soutien et de l’accompagnement que peut procurer un patron. De plus, si on croit que le travail autonome nous permettra de nous concentrer sur les tâches qu’on aime vraiment, il ne faut pas oublier qu’il faut mettre du temps sur la partie «administrative» de sa vie de travailleur autonome: gestion budgétaire, réseautage, promotion, etc.
 
 
Quelles sont donc les étapes à suivre pour s’assurer que sa démarche ait du succès?
 
Se renseigner sur le milieu
 
Faites vos recherches sur le type de services qui sont  offerts par d’autres travailleurs autonomes dans votre milieu, les différentes clientèles possibles, les modèles d’affaires et les tarifs.
 
 
Définir ses services
 
Offrirez-vous une vaste gamme de services ou opterez-vous plutôt pour des services plus spécialisés? Comment modulerez-vous vos tarifs? Cette étape correspond, grosso modo, à la rédaction d’un plan d’affaires. Il vous permettra également de déterminer le nombre de contrats dont vous aurez besoin afin de rendre votre projet viable.
 
 
Se faire connaître
 
Pour réussir, vous devez faire votre propre mise en marché. Ce qui implique donc de fabriquer des cartes professionnelles, de créer son site web, d’être actif sur des réseaux sociaux, et pourquoi pas même d’écrire un blogue! De plus, il est essentiel de faire du réseautage lorsqu’on est travailleur autonome afin de faire connaître ses services et rencontrer directement des clients. Il est également intéressant d’intégrer les groupes ou associations de travailleurs autonomes de votre secteur, s’il en existe. 
 
Il n’est jamais trop tard pour devenir travailleur autonome. On pourrait même dire qu’il vaut la peine de prendre de l’expérience sur le marché du travail avant de se lancer. On a ainsi le temps de se familiariser avec son domaine d’emploi, de profiter de l’expérience des collègues, de bâtir sa crédibilité et aussi son réseau de contacts.  De plus, pour bâtir une entreprise rentable, on doit apprendre à mieux connaître ses forces. On est donc plus en mesure de savoir ce que l’on vaut (et donc de monnayer ses services) lorsqu’on a une certaine expérience.
 
D’ailleurs, une forme de travail autonome pour laquelle l’expérience est non seulement utile, mais essentielle, est la consultation. C’est une avenue intéressante lorsqu’on arrive dans le dernier quart de notre vie active. On retrouve des consultants dans toutes sortes de domaines: la comptabilité, la gestion, l’administration, l’informatique, l’ingénierie, etc.
 
 
Pour de l’aide financière: 
 
Programme Soutien au travail autonome d’Emploi Québec: grâce à ce programme, pourriez obtenir une aide financière pour élaborer votre plan d'affaires et pour fonder votre entreprise, ou pour créer votre emploi.
 
Les Centres locaux de développement offrent aussi un programme de soutien et d’aide financière.
 
 
D’autres ressources utiles:
 
Revenu-Québec, pour apprendre à faire ses impôts de travailleur autonome
 
Éducaloi, pour comprendre les rouages juridiques du statut de travailleur autonome
 
Jobboom, pour une série d’articles sur le travail autonome
 
 
Chroniqueur: Simon Granger, coordonnateur des contenus chez Jobboom
 
 

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