Les perspectives d’avenir pour les diplômés en sciences humaines

Les sciences humaines – un vaste domaine qui regroupe notamment l’histoire, la géographie, les sciences politiques, l’anthropologie et la psychologie, entre autres – ont mauvaise réputation. On dit que ce sont des formations qui ne mènent à rien, ou sont même carrément inutiles! Nous allons mettre certains mythes à l’épreuve et voir de quoi il en retourne réellement.
 
Un premier mythe: les diplômés en sciences humaines ont de la difficulté à intégrer le marché du travail.
 
Observons d’abord les plus récentes statistiques concernant le placement des diplômés universitaires. Ces statistiques portent sur la situation des jeunes travailleurs, 20 mois après l’obtention de leur diplôme. Nous nous intéresserons principalement au cas des diplômés universitaires car c’est le chemin que prennent généralement les travailleurs formés en sciences humaines. 
 
Regardons le taux de chômage: en 2013, le taux de chômage de la promotion de 2011 était de 6,6%. La moyenne pour l’ensemble des domaines d’étude est de 4,8%; c’est donc un peu plus élevé, mais pas démesurément. À titre comparatif, le taux de chômage était de 7,6% en 2013 à l’échelle du Québec.
 
 

 

Domaine d’études

 

 

Taux de chômage (%)

 

Sciences de la santé

 1,3

Sciences de l’éducation

 1,8

Sciences appliquées

 4,2

Sciences de l’administration

 4,5

Sciences humaines

 6,6

Lettres

 6,7

Arts

 9,1

Droit

10,6

Sciences pures

 

11,3

 

 
On voit que les diplômés parviennent à dénicher un emploi, mais travaillent-ils dans leur domaine?
 
Les chiffres sont un peu moins concluants sur ce plan. Regardons le pourcentage des diplômés dont l’emploi est en lien avec leur formation. C’est à peine 63,6% pour les diplômés en sciences humaines, ce qui est assez faible quand on compare avec les sciences de la santé ou les sciences de l’éducation. 
 

Proportion de diplômés travaillant dans leur domaine (baccalauréat)

 

Domaine d’études

 

 

L’emploi en lien avec la formation (%)

 

Sciences de la santé

 94,5

Droit

 91,6

Sciences de l'éducation

 90,1

Sciences appliquées

 85,1

Sciences de l'administration

 81,5

Sciences pures

 68,2

Sciences humaines

 63,6

Arts

 58,6

Lettres

 

 54,3

 

 
 
Il faut garder une chose en tête quand on regarde ces chiffres: c’est nettement plus facile pour un diplômé en optométrie ou en enseignement au secondaire de déterminer si son emploi est lié à sa formation, car il sera optométriste ou enseignant au secondaire. C’est plus nuancé dans le cas d’un diplômé en sciences politiques, car il ne deviendra pas nécessairement politicien! Ces statistiques donnent donc un portrait partiel de la situation.
 
 
Un deuxième mythe: les sciences humaines ne sont pas payantes.    
                                                   
 
Regardons le salaire hebdomadaire moyen des diplômés en début de carrière (baccalauréat)
 
 

 

Domaine d’études

 

 

Salaire hebdomadaire moyen ($)

 

Sciences de la santé

1136

Sciences appliquées

1043

Droit

1001

Sciences de l'administration

  911

Sciences pures

    897  

Sciences de l'éducation

  834

Sciences humaines

     789   

Lettres

   742

Arts

 

     680 

 

 
 
On voit effectivement que les emplois en sciences humaines ne sont pas les plus payants, à 789$ par semaine. Cependant, une étude de Statistiques Canada sur l’évolution de la rémunération des diplômés a montré que les salaires des diplômés en sciences humaines grimpaient plus rapidement, et en bout de ligne, plus haut, que ceux de leurs confrères et consœurs sortant des écoles de génie ou de commerce, par exemple. À mi-carrière, le diplômé en sciences sociales empoche en moyenne un salaire de 78000$ par année, tandis que le diplôme en commerce n’encaisse que 69000$.
 
C’est donc vrai que les emplois en sciences humaines ne sont pas les plus payants en début de carrière, mais les chiffres montrent que les choses tendent à se rééquilibrer avec le temps.
 
 
Est-ce que certains domaines sont plus gagnants que d’autres?
 
Comme on l’a dit, les sciences humaines sont un vaste domaine. Forcément, certains choix sont plus intéressants que d’autres. 
 
 
Voici quatre formations gagnantes en sciences humaines
 

 

Formation

 

 

Chômage (%)

 

 

L’emploi en lien avec la formation  (%)

 

 

Salaire ($)

 

Service social (bacc.)

 

3,4

 

 

93,4

 

 

   837

 

Criminologie (bacc.)

 

0

 

 

92,5

 

 

  786

 

Psychoéducation (maîtrise)

 

0

 

 

96,2

 

 

1046

 

Orientation, information scolaire et professionnelle

(maîtrise)

 

5,3

 

 

87,5

 

 

  875

 

 

J’attire donc votre attention sur quatre choix offrant de bons débouchés...
 
La maîtrise en psychoéducation est particulièrement intéressante: le placement est de 100 %, et pratiquement tous les diplômés travaillent dans leur domaine. Ils profitent également d’une excellente rémunération, à 1046$ par semaine. 
 
Les baccalauréats en service social et en criminologie sont d’autres choix intéressants, tout comme la maîtrise en orientation scolaire et professionnelle (essentielle pour accéder à L'Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec). Notons que plusieurs de ces formations ont quelque chose en commun: ils mènent à un titre professionnel précis (psychoéducateur, travailleur social, orienteur), ce qui facilite le placement dans un emploi correspondant au domaine d’études.
 
Les sciences humaines ne sont pas un mauvais choix, mais il faut être conscient que l’on y acquiert un savoir beaucoup moins technique que, par exemple, un diplômé en ingénierie. Comme les employeurs recherchent souvent des travailleurs spécialisés, c’est au diplômé de se forger son propre chemin et d’acquérir des expériences qui lui permettront de développer une spécialisation particulière. Ce qui est intéressant toutefois, c’est que les sciences humaines développent un ensemble de compétences – la polyvalence, l’esprit de synthèse, la capacité à raisonner de façon critique – qui peuvent être utilisables et transférables dans de nombreux domaines. On voit par exemple des diplômés en histoire ou en anthropologie travailler dans le domaine du jeu vidéo ou dans la conception de logiciels éducatifs. C’est un domaine où le lien entre la formation et le travail est plus élastique, ce qui peut être à la fois un avantage et un désavantage. Ça dépend de quel côté on regarde les choses!
 
 
Pour en savoir plus: 
 
 
 
 
Chroniqueur: Simon Granger, coordonnateur des contenus chez Jobboom
 

 

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