La recherche d'emploi qui s'étire

On a probablement tous connu des amis, des parents (ou parfois soi-même) dont la démarche de recherche d’emploi s’est étirée pendant des semaines, voire des mois… À force d’essuyer les échecs, on finit par se poser de sérieuses questions sur notre valeur professionnelle.
 
Plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’une recherche d’emploi infructueuse: économie au ralenti, recrutement favorisé à l’interne, etc…
 
Il faut justement éviter de se jeter toutes les pierres sur le dos, sous peine d’alourdir encore plus la situation et de se décourager pour de bon. Toutefois, cela peut être une bonne occasion de faire le bilan rigoureux de ses démarches.
 
Cela fera sans doute peur à certains, mais commençons par prendre une pause! Si se chercher un boulot est un travail en soi, on comprend alors qu’il faut prendre des vacances de temps en temps… Souvent, après plusieurs semaines de recherches, de sollicitations, de refus et de stress lié à nos démarches, notre ego est à terre et on manque de recul face à la situation.
 
Dès qu’on commence à entendre des petites voix négatives, envahissantes et absolues qui nous disent «qu’on est nul» ou «qu’on ne trouvera jamais», c’est le moment de prendre un temps d’arrêt. Selon sa situation, ce peut être quelques jours, voire une semaine ou deux, où on se donne du temps pour respirer, prendre l’air, se distraire, faire autre chose. En fait, ce qu’on cherche, c’est prendre du recul pour mieux revenir… et rester proactif!
 
 
D’abord, il faut se concentrer sur ce qu’on contrôle.
 
Cela nécessite de retourner à la base et de se poser quelques questions afin de cerner des causes probables à nos difficultés. Par exemple:
 
Ai-réussi à obtenir des entrevues? Si oui, suis-je en mesure de noter ce qui a bien été et pourquoi, et ce qui a mal été, et pourquoi? Comment puis-je agir sur les points négatifs?
 
Si je n’ai pas réussi à obtenir d’entrevue, est-ce que mon CV reflète bien mes compétences et mes objectifs? Est-ce que j’adapte mon CV en fonction de chacun des postes auxquels je postule?
 
Est-ce que je fais des appels de suivi après avoir postulé ou après une entrevue pour aller chercher une rétroaction? 
 
Ai-je restreint ma recherche à certains types de postes bien précis, alors que mes compétences me permettraient de me diversifier davantage?
 
Ai-je élargi ma démarche au point où je postule des emplois qui ont peu de lien avec mon parcours ou mes compétences?
 
Est-ce que mes compétences sont à jour? Y a-t-il des points techniques ou personnels pour lesquels une formation ou du coaching seraient opportuns?
 
Ai-je fait connaître ma démarche à mon entourage et dans mon réseau de contacts?
 
 
À partir des réponses obtenues, rédigeons un petit plan d’action!
 
Il ne faut surtout pas hésiter à demander de l’aide! C’est même essentiel d’avoir l’opinion franche d’une personne de confiance qui, dans le meilleur des cas, nous connaît sur le plan professionnel. Cette personne pourra nous aider à identifier nos forces et nos faiblesses. Par exemple, elle peut nous faire pratiquer en simulant une entrevue, relire notre CV en fonction des emplois convoités, etc. Pour compléter, et même si cela a déjà été fait au départ, c’est une bonne idée de retourner dans un club ou un centre d’emploi et de refaire le point avec un conseiller. 
 
En fait, c’est exactement à ce point-ci qu’il faut ABSOLUMENT sortir de l’isolement! Ne serait-ce que pour se rendre compte qu’on n’est pas seul à vivre des difficultés. C’est parfois un défi parce qu’on peut être habité par une certaine honte qui vient d’un sentiment d’échec. Pourtant, c’est en se tournant vers ses amis, sa famille, en réinvestissant son réseau de contacts et en parlant ouvertement de nos intentions et de nos difficultés qu’on pourra mieux passer à travers cette période. 
 
Se chercher un emploi efficacement s’apparente à un exercice de connaissance de soi. Si nos objectifs professionnels et personnels ne sont pas clairs, si on n’obtient jamais d’entrevue, par exemple, il est possible que ce soit parce que notre approche du marché du travail manque de clarté et de direction. 
 
Dans ce cas, un bilan de compétences, qui peut  être fait avec un conseiller d’orientation, est une avenue intéressante. Il nous permettra de mieux cerner les compétences qu’on a réellement (et qu’on a souvent développées au fil des ans sans en être conscient). Cela nous aidera aussi à faire le point sur nos aspirations profondes. Qui sait, peut-être avez-vous besoin de vous réorienter, d’ouvrir d’autres horizons? Mais tant que ce n’est pas clair à votre conscience, peut-être êtes-vous dans une forme d’auto-sabotage…
 
 
Dans une situation qui n’aboutit pas, devrait-on considérer d’accepter un emploi qui nous satisfait plus ou moins? 
 
C’est le Plan B, et il vaut mieux l’avoir envisagé dès le début de nos démarches plutôt qu’en situation de découragement et éviter ainsi les coups de tête qu’on pourrait regretter.
 
Il faut donc s’être déjà demandé: si je n’obtiens pas de poste au salaire que je désire, jusqu’où suis-je prêt à baisser mes exigences salariales? Suis-je disposé à faire du temps partiel (ou travailler sur appel) et quelles conséquences cela pourrait-il avoir dans ma vie? Est-ce que je peux m’éloigner de la zone géographique que je convoitais au départ, etc.
 
Cependant, évitez d’accepter un emploi qui ne vous convient sous aucun autre critère que le fait qu’on vous l’offre: c’est une recette pour l’échec et l’insatisfaction, ce qui ne fera que s’ajouter à plus long terme aux sentiments négatifs qui vous ont fait accepter n’importe quoi…
 
 
Pour plus d’information, consultez ces différents articles sur le site de Jobboom
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chroniqueuse: Patricia Richard
 
 

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