Recherche d'emploi et immigration

On sait que l’apport de l’immigration est important au Québec, notamment pour notre économie, puisque la démographie québécoise tend à décroître. Mais on sait aussi que chercher un emploi n’est facile pour personne, alors encore davantage pour une personne qui arrive de l’étranger… Et nous avons tous en tête ces histoires de médecins devenus chauffeurs de taxi ou livreurs de pizza.
 
 
Est-ce vrai que la situation des immigrants par rapport à l’emploi est difficile au Québec?
 
En fait, le taux de chômage des immigrants est de deux à trois fois plus important que celui de la population d’origine québécoise… Les compétences sont moins en cause que des problèmes de perception ou des maladresses qui mènent parfois à de la discrimination. 
 
Les préjugés sont parfois tenaces… Comment un immigrant à la recherche d’un emploi peut-il mettre toutes les chances de son côté? 
 
Dans le meilleur des cas, un futur immigrant aura commencé à se renseigner sur l’emploi et la situation qui s’applique à son domaine avant même d’immigrer au Québec. On parle bien ici de se renseigner (par exemple, pour savoir si sa profession est réglementée ou reconnue), mais on déconseille de poser sa candidature sur un poste tant que notre immigration n’est pas complétée: sauf exception, pour des raisons pratiques, les employeurs leur accorderont peu de poids si les modalités ne sont pas réglées. 
 
 
Quand tout est officialisé
 
Organisez vos bases et ayez l’esprit libre: assurez-vous d’avoir une adresse postale stable, une garderie ou une école où envoyer vos enfants et de disposer de tous les papiers dont on peut avoir besoin, de la carte d’assurance maladie à un permis de conduire.
 
Assurez-vous d’avoir une bonne maîtrise fonctionnelle du français, et plus. Le bilinguisme peut être un atout dans les centres urbains ou en grande entreprise, mais à choisir, perfectionnez votre français: cela facilitera votre intégration à tous les niveaux. Si vous êtes déjà francophone et désirez travailler à Montréal ou dans une grande entreprise, apprenez ou perfectionnez votre anglais, ce pourra être utile.
 
Assistez à une formation sur les techniques de recherche d’emploi: par exemple, dans les centres locaux d’emploi (CLE). Ils servent entre autres à comprendre certaines réalités québécoises qui peuvent être différentes d’autres cultures: par exemple, les curriculum vitae [CV] ici ont rarement plus de deux pages, et mettent l’accent sur les réalisations plutôt que sur les diplômes. Ces ateliers servent aussi à adapter votre CV afin qu’il colle mieux aux demandes des employeurs.
 
Renseignez-vous sur votre secteur d’emploi: il faut apprivoiser les façons de faire et comprendre les tendances techniques, économiques et financières qui traversent votre secteur au Québec. Les ateliers de recherche d’emploi sont de bons endroits pour trouver ce genre de renseignements. Plusieurs autres organismes présents sur le web sont utiles, dont les comités sectoriels de main-d’œuvre, Emploi-Québec et les associations professionnelles, qui sont d’autres incontournables pour connaître les règles entourant la pratique d’une profession au Québec. En parallèle, on consulte aussi les bulletins d’information, les pages économiques des journaux, les publications spécialisées…
 
 
Il faut aussi faire un réseautage…
 
Et ça commence par se connecter sur la vie québécoise. Ça peut être par les loisirs, le bénévolat, l’appartenance à certaines associations, professionnelles ou autres. Lire les journaux, écouter la télévision font partie des habitudes à prendre. N’hésitez pas à sortir de votre communauté immédiate: cela vous permet de faire des rencontres, d’éviter l’isolement dans votre recherche d’un travail et d’en apprendre plus sur la culture québécoise. C’est le temps d’être curieux. De plus, faites valoir vos compétences et le fait que vous cherchez un emploi. Qui sait, peut-être qu’une opportunité vous sera présentée…
 
D’ailleurs, se faire valoir, ou savoir se vendre, est un autre aspect important de toute recherche d’emploi, et particulièrement chez les immigrants. En effet, certains ont du mal à affirmer leur compétence et à mentionner leurs bons coups dans la société d’accueil par manque de confiance, ou pour des raisons culturelles, lorsque la modestie, par exemple, est très valorisée dans la culture d’origine. Or, ici, c’est ce qu’attendent les employeurs, qui vous demanderont «Expliquez-moi pourquoi je devrais vous embaucher? » 
 
Cette préparation vous servira lors de la prochaine étape, et non la moindre, qu’est l’entrevue…
 
L’entrevue est une étape majeure dans toute recherche d’emploi. 
 
 
Qu’est-ce qu’un immigrant devrait savoir avant tout pour bien tirer son épingle du jeu?
 
D’abord, le retard à une entrevue est considéré ici comme une faute grave: à éviter à tout prix. Les employeurs apprécient une poignée de main ferme et un interlocuteur qui les regarde dans les yeux. Il ne faut pas se surprendre si l’employeur est une femme: elle pourrait devenir votre gestionnaire, l’égalité hommes-femmes étant reconnue au Québec. 
 
En plus de savoir se mettre en valeur, plusieurs devront apprendre à parler au «je», et à personnaliser davantage leurs réponses aux questions. Garder en tête qu’en Amérique du Nord, nous valorisons davantage les compétences et les réalisations; la formation n’arrive qu’en second lieu même si elle doit, sauf exception, être pertinente. Il faut aussi s’intéresser à l’entreprise qui nous reçoit et avoir fait ses devoirs de recherche avant l’entrevue. 
 
 
Devrait-on  accepter un poste en-dessous de ses compétences? N’est-il pas mieux d’être chauffeur de taxi que d’être sans emploi ? 
 
À défaut de l’emploi de ses rêves, mieux vaut accepter un emploi en-dessous de ses compétences, en autant qu’il soit dans son champ de compétences ou dans l’industrie qu’on convoite ou pour laquelle on est déjà formé. Autrement dit, vaut mieux devenir hygiéniste dentaire ici le temps de faire reconnaître nos diplômes en dentisterie, plutôt que devenir chauffeur de taxi ou adjointe de bureau. Ou mieux vaut devenir adjointe de bureau le temps de prendre de l’expérience québécoise, en vue de retrouver un poste d’adjointe de direction plus tard. 
 
Lorsqu’on opte pour une toute autre voie, il devient beaucoup plus difficile de réintégrer notre domaine initial. Mais si on avance pas à pas dans notre industrie, on va chercher la fameuse expérience de travail québécoise tant attendue des employeurs et on augmente ses chances de trouver éventuellement un meilleur emploi en lien avec nos compétences. Au fond, immigrants et jeunes diplômés à la recherche d’un premier emploi sont dans des situations similaires à cet égard… Ouverture d’esprit et persévérance sont les clés de tout le processus!
 
Pour en savoir plus, nous avons créé chez Jobboom un document, «Faire carrière au Québec », qui regroupe une foule de recommandations et de ressources à l’intention des immigrants. Nous vous invitons à le consulter!
 
 
Quelques articles qui peuvent être utiles sur le sujet:
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Suggestion de la recherchiste – Salon de l’immigration et de l’intégration
 
Dates: les 9 et 10 juin 2015
 
Lieu: Palais des congrès de Montréal 
 
201, avenue Viger Ouest, Montréal (Qc)  H2Z 1X7
 
 
 
Chroniqueuse: Patricia Richard, directrice contenus et auditoire, Jobboom
 
 

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