Le présentéisme, un mal méconnu

Les entreprises essaient de combattre l’absentéisme depuis longtemps, mais elles commencent aussi à s’intéresser au présentéisme, c'est-à-dire au fait d’aller travailler quand on devrait plutôt rester à la maison. Vous avez une migraine affreuse qui vous empêche de vous concentrer? Une crise d’arthrite vous incommode? Mais pourquoi donc allez-vous travailler quand même? Ça cause beaucoup de problèmes au boulot, alors on en discute avec Mélissa Guillemette, journaliste chez Jobboom.
 
 
À partir de quand est-ce qu’on fait du présentéisme? 
 
Ce n’est pas du présentéisme quand vous passez votre journée de travail sur Facebook parce que votre emploi vous démotive! C’est quand on travaille malade et qu’il y a une perte de productivité. À cause de cette perte, on dit que le présentéisme coûte 150 milliards par année aux États-Unis, selon une étude de 2004. On estime qu’au Québec, ce serait entre 10 et 15 milliards. Quand vous vous réveillez en mauvais état, demandez-vous si vous serez aussi efficace que d’habitude. Si la réponse est non, évitez le boulot. Vous perdez environ 20% de votre productivité en cas de migraine, 17,5% pour les problèmes respiratoires et  15% si vous êtes en dépression.
 
 
Est-ce un mal répandu?
 
Il y aurait maintenant plus de gens malades dans les organisations qu’à la maison! Chaque année, ça touche plus d’une personne sur deux au Québec. Beaucoup de personnes dépressives continuent à travailler alors qu’un temps d’arrêt leur ferait du bien. 
 
 
Pourquoi certains travailleurs font-ils du présentéisme? 
 
Quatre travailleurs sur 10 au Québec n’ont pas accès à des jours de congé payés. Plusieurs n’ont pas d’assurance invalidité (sachez que le régime d’assurance-emploi du Canada vous offre des protections en cas de maladie). Certains employés n’ont plus de congé de maladie en banque parce qu’ils les ont tous pris quand les enfants étaient malades. D’autres ont tout simplement trop de travail, donc ils savent que les tâches vont s’accumuler pendant leur absence et que le retour sera catastrophique. Enfin, certains travailleurs ont peur des conséquences négatives d’une absence. Dans certaines entreprises, s’absenter est vu comme un signe de faiblesse… C’est un problème!
 
 
C’est quoi l’impact pour un travailleur?
 
Les risques d’accident de travail sont plus grands.
 
Risques de contamination des collègues. Gardez vos virus pour vous!
 
Lenteurs d’exécution
 
Guérison moins rapide
 
 
Comment ne pas craindre d’annoncer son absence quand on est malade?
 
Vous avez probablement peur pour rien. Essayez, par curiosité, de prendre un congé de maladie. Probablement que vos craintes ne sont pas fondées. Après tout, c’est votre droit. Un salarié en poste depuis trois mois et plus peut s’absenter du travail jusqu’à 26 semaines sur une période de 12 mois pour cause de maladie ou d’accident. Certains employeurs offrent un salaire pendant ces congés, d’autres non, mais dans tous les cas, vous avez le droit de rester à la maison.
 
Si c’est votre sens du devoir qui est très fort,  rappelez-vous que personne n’est irremplaçable et que vous serez encore meilleur une fois guéri. Souvent, après une période de présentéisme, une période d’absentéisme viendra de toute façon. N’attendez pas d’être au bout du rouleau complètement ou d’avoir encore plus mal pour prendre le repos nécessaire!
 
Si votre supérieur vous met réellement de la pression pour ne pas prendre de congé de maladie, c’est qu’il s’agit d’un patron toxique. Votre santé doit passer avant tout. 
 
 
Ressources
 
 
 
Chroniqueuse: Mélissa Guillemette, journaliste chez Jobboom
 
 
 

article présent dans le dossier

LIBRE-SERVICE: BOULOT
Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
Lire le dossier

Vos commentaires

Soyez les premiers informés sur MATV

Pour tout savoir avant tout le monde et profiter de nos exclusivités