Les carrières d'avenir

Chaque année, Jobboom publie une grande enquête sur l’état du marché de l’emploi au Québec pour les prochaines années, en plus de son guide Les carrières d’avenir 2014. En 2014, on note que plus de 130 formations de niveaux professionnel, collégial et universitaire proposent d’excellentes perspectives d’avenir. Le journaliste de Jobboom, Éric Grenier, fait le point.
 
 
Récemment, on a entendu plusieurs mauvaises nouvelles portant sur le marché de l’emploi. Doit-on s’inquiéter pour l’avenir des nouveaux et futurs jeunes travailleurs?
 
Bien que la situation de l’emploi n’ait pas été des plus favorables au cours de la dernière année et qu’elle ne s’annonce pas des plus roses au cours des mois à venir, les jeunes diplômés, qui s’apprêtent à entrer sur le marché du travail, peuvent  tout de même entrevoir l’avenir avec optimisme. Dans un contexte où la population active est appelée à diminuer, peut-être même déjà en 2014, il y aura sous peu un grand nombre d’emplois disponibles pour eux. D’ici 2016, pas moins de trois emplois disponibles sur quatre proviendront uniquement des départs à la retraite. À l’horizon de 2021, ce sont plus d’un million d’emplois qui devront être pourvus, peu importe la conjoncture économique. Cette tendance est particulièrement marquée dans certaines régions, dont le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Mauricie, où la proportion d’emplois provenant des départs à la retraite dépasse les neuf sur dix.
 
 
Est-ce que ces occasions d’emplois profiteront à tous?
 
Une forte majorité de ces emplois demandera un diplôme qualifiant –  de niveaux professionnel ou technique ou universitaire – et pas seulement un cinquième secondaire ordinaire. Prenons l’exemple de la Gaspésie, qui présentait un taux de chômage de 16,2% en 2013. Selon notre enquête, plusieurs emplois sont disponibles là-bas, mais les travailleurs de plus de 45 ans peinent à les combler par manque de formation spécialisée. Toutefois, on remarque que les jeunes ayant étudié à l’extérieur des régions ont tendance à rentrer au bercail où, souvent, ils décrochent des emplois qualifiés assortis de conditions intéressantes. Ce que ça signifie pour les prochaines années, c’est que la conjoncture économique aura de moins en moins d’impact sur la capacité des diplômés à se faire une place sur le marché du travail. Dans l’enquête de Jobboom, pas moins de 95 programmes identifiés présentent un taux de placement d’au moins 95%, même en ces années difficiles pour l’emploi.
 
 
Au cours des prochaines années, quels sont les secteurs d’emploi qui embaucheront le plus?
 
Certains secteurs poursuivent leur croissance de façon effrénée. C’est le cas des technologies de l’information et des communications. D’ici 2015, on prévoit la création de 3800 emplois chaque année dans ce domaine. Malgré les récentes mises à pied annoncées chez Bombardier par le report de l’entrée en service de la CSeries, l’aérospatiale demeure un secteur d’avenir. Lorsqu’elle se mettra en branle, la production de ces appareils fera travailler plusieurs milliers de personnes et de nombreux sous-traitants. Il faut rappeler que, bien que Bombardier est un employeur important, l’industrie québécoise de l’aérospatiale compte aussi sur d’autres gros joueurs, dont Pratt & Whitney, Bell Helicopter et CAE. De façon globale, ce secteur, de nature cyclique, demeure en croissance.
 
À cela, s’ajoutent des secteurs traditionnellement favorables à l’embauche, comme l’administration et les finances, la santé et même les mines. Un secteur qui, malgré le ralentissement mondial, n’a pas encore fait le plein de la main-d’œuvre dont il a actuellement besoin. Le besoin sera encore plus grand lorsque la demande mondiale pour les minerais reprendra, tôt ou tard. Même des secteurs qui ont eu du plomb dans l’aile au cours des dernières années parviennent à se démarquer, notamment la foresterie. Plusieurs intervenants sur le terrain ont mentionné que le secteur se relevait de la crise qui l’a affligé au cours des dernières années, et qu’il manquait de main-d’œuvre aujourd’hui. Pour donner une idée de la situation, l’Université Laval, qui est la seule institution à offrir la formation en génie du bois au Québec, nous a dit avoir reçu 62 offres d’emploi destinées à ces diplômés, diplômés qui n’étaient qu’au nombre de deux en 2013!
 
 
Devant tant de diversité, il peut être difficile de faire un choix. Comment faire le bon?
 
Il faut s’informer! Plusieurs formations prometteuses passent sous le radar. Bon nombre d’établissements scolaires confient avoir reçu plus d’offres d’emploi qu’elles n’avaient de diplômés disponibles pour des formations données, et ce, dans une grande variété de domaines. Cette disproportion atteint parfois un niveau étonnant. Par exemple, le Cégep de l’Outaouais a reçu 100 offres d’emploi pour les finissants de son programme Techniques de la géomatique, alors qu’il n’y avait également que deux diplômés! On gagne d’ailleurs à considérer toutes les options, que ce soit en formation universitaire, technique ou professionnelle. On n’a pas nécessairement besoin de faire cinq ans d’études postsecondaires pour trouver un métier aux conditions intéressantes! À ce chapitre, certaines formations professionnelles plutôt méconnues se comparent avantageusement avec des programmes universitaires. Par exemple, qui sait ce que fait un chaudronnier? À 1310$ par semaine et avec un taux de placement de 100% suite à 1290 heures de formation, ça vaut peut-être la peine de le savoir…
 
Chaudronnier (DEP): Fabrique, assemble et entretient toute une gamme de vaisseaux, de réservoirs, de tours, de chaudières. Ils travaillent dans des ateliers de chaudronnerie, des installations industrielles et de fabrication, des chantiers navals, dans la construction, dans les centrales de production d'électricité et autres industries similaires.
 
Ces exemples démontrent à quel point il est important de bien explorer les possibilités de carrière lorsque vient le temps de choisir une formation ou encore de se réorienter. Les possibilités seront nombreuses au cours des prochaines années, et ce, partout au Québec. Un fait demeure toutefois: alors que 11000 élèves quittent chaque année l’école avant d’avoir terminé leur secondaire, il faut insister sur l’importance de décrocher un diplôme qualifiant (professionnel, technique ou universitaire), car il demeure la clé pour accéder aux occasions offertes par le marché de l’emploi.
 
 
Référence:
 
 
 
Chroniqueur: Éric Grenier
 
 
 

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