Travailler à l'étranger

Beaucoup de travailleurs rêvent de travailler à l’étranger. Mais, est-ce donné à tout le monde? Et si vous êtes un candidat idéal, quelles sont les étapes à suivre pour se dénicher l’emploi désiré? Pour que cette expérience de travail soit la plus positive possible, la journaliste de Jobboom, Mélissa Guillemette, nous explique comment passer du rêve à la réalité de façon structurée. 
 
 
Premièrement, est-ce accessible à tous?
 
Tout dépend de votre métier. Si vous êtes infirmière, il se peut que votre diplôme ne soit pas automatiquement reconnu partout dans le monde. Il faut vous informer auprès de votre ordre ou de l’ordre du pays d’accueil.
 
 
Autres exemples:
 
Si vous êtes avocat, vous pouvez travailler pour un tribunal pénal international.
 
Si vous êtes traducteur, vous pouvez traduire des traités internationaux.
 
Si vous êtes dans la finance, il y a des entreprises d’ici, comme Développement international Desjardins, qui sont spécialisées en services financiers à l’étranger et plus précisément dans les pays en développement.
 
Si vous êtes enseignant, vous pouvez enseigner le français en Louisiane ou en Asie.
 
Les multinationales renferment pas mal de métiers. C’est souvent l’idéal, car elles prennent en charge tout l’aspect administratif des démarches à effectuer.
 
Le truc, c’est de vous demander pourquoi on aurait besoin de vous dans un autre pays. Est-ce que votre connaissance du français est un atout? Ou bien, est-ce que votre diplôme est recherché? Y a-t-il une pénurie de travailleurs dans votre secteur d’activité dans un autre pays?
 
 
Comment savoir si on a un bon profil international?
 
Il faut maîtriser plus d’une langue. Idéalement, il faut connaître le français, l’anglais et une troisième langue.
 
Si vous appliquez dans de grandes organisations comme l’ONU, détenir un diplôme de maîtrise est toujours un atout. Sinon, on vous considèrera si vous détenez un bac additionné de plusieurs années d’expériences professionnelles.
 
Il est primordial de posséder une grande capacité d’adaptation. Sur place, les choses ne se passeront probablement pas comme vous les avez prévues ou comme on vous les a décrites. Peut-être devrez-vous faire plus ou moins que ce qui a été convenu au départ. Ce qui est certain, c’est que vous allez devoir vous familiariser avec tout un système: heures ouvrables, transports, nourriture, façons de penser, etc.
 
Il faut avoir le sens des responsabilités. Savoir remplir ses engagements, malgré les imprévus, est nécessaire. Chez l’employeur, il faut dissiper toutes craintes de vous voir rentrer chez vous à la moindre contrariété.
 
Posséder de l’autonomie, de la débrouillardise.
 
Faire preuve d’ouverture d’esprit, démontrer de l’intérêt pour les autres cultures.
 
Faire preuve de diplomatie, toujours savoir s’exprimer avec tact. Rappelez-vous que vous n’êtes pas chez vous.
 
Ayez de l’entregent. Sachez vous faire valoir, car, sur place, vous ne connaîtrez personne. Il faudra vite vous créer un réseau de contacts.
 
 
Trouver un job à l’international?
 
Il y a deux possibilités. Premièrement, vous pouvez postuler pour des emplois affichés dans les pays qui vous intéressent. Trouvez quels sont les sites d’emploi importants dans ces pays et appliquez.
 
Deuxièmement, vous pouvez être muté à l’étranger par votre propre employeur ou encore rechercher un emploi au Québec, qui impliquera des déplacements à l’étranger. Prenez l’exemple d’un jeune ingénieur, étant entré en poste dans une PME, tout en sachant qu’il serait posté au Liberia quelques mois plus tard.
 
Si vous avez entre 18 à 35 ans, vous pourriez bénéficier d’une expérience de travail à l’étranger grâce à des ententes que le Canada possède avec une trentaine de pays. Consultez ce site d’Expérience internationale Canada. Ces ententes facilitent l’obtention d’un visa de travail et vous permettent souvent de voyager dans le pays entre les contrats de travail. C’est grâce à ce genre de programme que beaucoup de jeunes canadiens vont travailler en Australie.
 
Considérez les programmes de coopération internationale. Par exemple, OXFAM Québec, qui diffuse souvent des images à la télévision. Médecin sans frontières a aussi des besoins dans le monde et ne recherche pas que des professionnels de la santé. MSF demande souvent des coordonnateurs en ressources humaines, des techniciens et mécaniciens et toutes sortes d’autres spécialités. 
 
 
Comment faire un CV international?
 
Il faut s’adapter au pays. Ça n’existe pas, un CV international.
 
On s’adapte au pays où l’on veut travailler en faisant des recherches sur le pays en question et son mode de fonctionnement. Si la norme est de faire dans le long et le détailler, on le fait. Si, par contre, on veut travailler aux États-Unis, on reste concis. Un conseil, demander comme modèle un CV d’une personne originaire du pays en question pour pouvoir vous en inspirer. Si votre CV doit être fait dans une autre langue que celles que vous maîtrisez parfaitement, faites-le réviser par quelqu’un de natif ou par un spécialiste.
 
Bon à savoir, il se peut que vous deviez mentionner votre date de naissance et votre état civil. Au Canada, c’est interdit de le demander, mais ailleurs, ça peut être obligatoire.
 
 
Pour la section formation et expérience
 
Tentez de savoir à quoi équivalent vos diplômes dans le pays où vous voulez aller. J’ai un bac en biologie, par exemple, ça équivaut à tel type de diplôme dans tel ou tel pays? 
 
Tentez de voir aussi comment les titres de vos précédents postes se transposent dans le pays visé. Même entre le Québec et la France, les appellations peuvent varier énormément.
 
 
Faire une section expertise et connaissance au niveau international
 
Tout ce qui se rapporte au voyage dans votre expérience passée pourrait être pertinent à mentionner: cours de langue, voyages personnels ou professionnels, engagement parascolaire comme du bénévolat pour Amnistie internationale, échanges étudiants, etc.
 
 
Faut-il un visa?
 
Le document à obtenir dépend du pays où l’on s’en va. Pour savoir si vous avez besoin d’un visa et de quel type de visa vous avez nécessairement besoin (Visa de séjour temporaire/ permis de travail/ visa de travail), visitez les sites Internet de l’immigration des pays qui vous intéresse.
 
Si c’est une entreprise d’ici qui vous dépêche à l’étranger, ce sera peut-être plus simple. Dans plusieurs cas, la boîte s’occupe des papiers pour faciliter la vie aux futurs expatriés. 
 
Bon à savoir: le droit de travailler du conjoint pose souvent problème. Ça varie d’un pays à l’autre. À certains endroits, c’est carrément interdit. Sauf, peut-être, pour les conjoints de diplomates.
 
C’est un regardez-y bien.
 
 
Comment bien se préparer? 
 
Lire le plus possible sur le pays d’accueil. Choisissez les guides de voyage, qui fournissent des indications sur les coutumes locales. Rencontrez des expatriés, ici, avant de partir pour comprendre les habitudes de travail du pays et les habitudes de vie quotidienne. Par exemple, en Chine, il faut comprendre la hiérarchie sociale et comprendre quelle est notre place en tant qu’étranger. Là-bas, il est très mal vu de donner un conseil à un supérieur hiérarchique.
 
Il faut se questionner sur vos intentions profondes. Si vous pensez que ce sera un peu comme des vacances, vous avez tort. Si vous allez travailler dans une organisation à temps plein, votre rythme de vie sera aussi intense qu’ici, sinon plus.
 
Si dans votre démarche, c’est la part voyage qui vous motive, davantage que la part travail, vous faites sans doute une bêtise. Il y a bien d’autres façons de voyager. Vous pouvez vous faire engager comme matelot apprenti sur un voilier, si cela vous chante. Ce sera l’aventure assurée!
 
Un séjour à l’étranger implique de perdre son réseau deux fois: quand on quitte son pays d’origine et quand on quitte le pays d’accueil pour rentrer chez soi. Cela dit, on finit par le reconstruire, il faut juste se donner le temps. 
 
Malgré tout, ça vaut la peine: on gagne plus d’expérience en deux ans à l’étranger qu’en deux ans chez soi.
 
C’est bon pour la confiance en soi et cela donne de la crédibilité. On peut prouver qu’on sait s’insérer dans un nouveau milieu et qu’on sait affronter des situations difficiles. Par le fait même, on démontre son ouverture aux autres et aux façons de faire différentes.
 
 
Ressources::
 
 
 
Chroniqueuse: Mélissa Guillemette
 
 
 

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LIBRE-SERVICE: BOULOT
Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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