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S'absenter du boulot pour des raisons familiales

Le p’tit dernier qui fait de la fièvre, le plus grand qui est en journée pédagogique, un parent dont on doit s’occuper après une chirurgie… Autant de raisons de s’absenter du travail. Comment planifier tout cela dans son horaire sans s’attirer les foudres de la direction? 

Si vous vous absentez du travail de temps à autre pour vous occuper d’un membre de votre famille, sachez que vous n’êtes pas le seul! En 2011, chaque semaine, 2,2% des travailleurs canadiens se sont absentés du travail en raison d’obligations personnelles ou familiales, selon Statistique Canada. Cette année-là, en moyenne, chaque travailleur avait manqué 1,6 jour pour des raisons familiales. Sans surprise, ce sont les parents d’enfants en âge préscolaire qui manquent le plus souvent au travail. La grande question est: «Comment remplir toutes nos obligations familiales, tout en conservant de bonnes relations avec l’employeur?»
 
 
Quels sont nos droits en tant que travailleur?
 
Selon la Loi sur les normes du travail, un salarié peut s’absenter jusqu’à 10 jours par année pour des raisons familiales. Ces journées-là peuvent être fractionnées, si votre patron l’accepte. Donc, elles peuvent être prises par demi-journées. Que ce soit pour la garde, la santé ou l'éducation des enfants, ou pour la santé de votre conjoint, de votre frère, de votre sœur, de vos parents ou grands-parents, vous pouvez donc vous absenter sans risquer de sanction au travail.
 
Vous devez toutefois aviser votre employeur le plus tôt possible et prendre les moyens à votre disposition «pour limiter la prise et la durée du congé». Donc, s’il y a un moyen simple d’éviter le congé, vous devez le faire. Par exemple, si les rendez-vous des enfants chez le dentiste peuvent être pris en dehors de vos heures de bureau, il faut le faire. Et si votre conjoint est en congé le jour où votre enfant est malade, c’est lui qui devrait en avoir soin.
 
Votre employeur ne peut pas vous congédier pour votre absence si vous ne dépassez pas les
10 jours autorisés et si vous l’avez avisé à chaque fois.
 
 
Est-on payé pour ces journées?
 
L’employeur n’est pas tenu de vous payer pendant ces absences. Ce sont des congés sans solde. Certains employeurs offrent des journées personnelles payées aux employés. C’est à vérifier avec votre patron. D’ailleurs, si vous dénichez un nouvel emploi, discutez de la question de la conciliation travail-vie personnelle dès le départ. Vous saurez exactement à quoi vous attendre lorsque vous devrez vous absenter pour la première fois.
 
 
Comment faire pour que ces absences «passent bien» auprès du patron?
 
Il faut beaucoup d’organisation. Votre devoir, en tant qu’employé, c’est de prévenir votre patron le plus tôt possible quand vous devez vous absenter du travail. Tenez un agenda de tous les rendez-vous médicaux et journées pédagogiques, en parallèle de votre agenda de travail. 
 
Voyez venir les coups. Si vous avez un dossier important à terminer le même jour qu’une obligation familiale est prévue, il vaut mieux vous en rendre compte d’avance pour respecter les délais.
 
Cet agenda vous permettra aussi de prévenir l’employeur de vos absences pour des raisons familiales. Mais il y a aussi des imprévus, pour lesquels on ne peut pas se préparer…
 
Un bon truc pour les rendez-vous, c’est d’essayer de les obtenir en tout début de journée ou en fin de journée, de façon à moins perturber la journée de travail.
 
 
Comment faire pour limiter l’impact de ces absences?
 
N’hésitez pas à en parler avec votre supérieur si jongler avec vos obligations vous stresse. Peut-être sera-t-il plus flexible que vous ne le pensez. Il vous proposera peut-être des solutions, comme de travailler de la maison pour reprendre les heures perdues le soir, après le coucher des enfants, quand un rendez-vous chez le pédiatre nous a fait manquer un après-midi. Ou encore, de reprendre des heures le samedi suivant. Si votre budget est serré, vous serez peut-être content de ne pas perdre d’heures travaillées sur votre paie.
 
Certains bureaux permettent aux employés d’emmener les enfants au travail en cas de besoin, par exemple, pendant la relâche scolaire. Évidemment, on ne fait pas ce genre de surprise à son gestionnaire. Il faut que ce soit autorisé. Et que nos enfants soient sages!
 
Les employeurs doivent faire preuve de compréhension et de patience envers ces travailleurs. Oui, nous sommes des employés. Mais avant tout, nous sommes des parents.
 
 
Il y a des personnes qui s’occupent de leurs enfants. Il y en a d’autres qui s’occupent de leurs parents. Mais il y a aussi des gens qui doivent s’occuper des deux…
 
Cette «génération sandwich» est en croissance, c’est certain. Puisqu’on fait des enfants de plus en plus tard de nos jours, on se retrouve de plus en plus avec des enfants à notre charge en même temps que nos parents se font vieillissants. La pression s’accentue pour de nombreux travailleurs. 
 
Des chercheurs de l’Université Carleton ont analysé les données d’un sondage mené auprès de
25 000 Canadiens en 2012. Parmi les personnes qui prenaient soin d’une personne âgée,
60% avaient également des enfants. Les chercheurs affirment que ces travailleurs de la génération «sandwich» se sentent en moins bonne santé, plus déprimés et stressés. D’où la nécessité de les accommoder au travail, si on veut s’assurer de leur rendement et de leur bien-être. Ces travailleurs sont davantage portés à réduire leurs heures de travail et à refuser une promotion. Leurs obligations ont souvent un grand impact sur leur carrière. Les chercheurs recommandaient, entre autres, des ateliers de sensibilisation pour les gestionnaires et des congés payés pour les obligations familiales.
 
 
Ressources:
 
Consulter le site de Jobboom
 
 
 

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LIBRE-SERVICE: BOULOT
Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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