Article lié à l'émission : LIBRE-SERVICE
Tout sur l'émission

Les médias sociaux au travail

Twitter, Google +, LinkedIn: les utilisez-vous sur les heures de bureau? Ou encore, parlez-vous de votre employeur sur Facebook, une fois rentré à la maison? Plusieurs le font sans connaître la loi et les risques liés à l’utilisation des médias sociaux. 

Selon une étude de la firme de recherche américaine Nucleus Research, seuls 13% des salariés se connectent sur Facebook pour des raisons professionnelles. Les autres regardent des photos de chats ou les dernières publications du cousin de leur blonde…
 
Or, tout ce beau monde ne sait pas nécessairement quelles sont les règles en la matière. Un faux pas majeur peut pourtant mener à un congédiement!
 
 
Est-ce qu’on doit éviter les médias sociaux au travail?
 
Il n’y a pas de réponse universelle à cette question. D’abord, rappelons que c’est le travail de certaines personnes de gérer les médias sociaux. Il y a quelqu’un, derrière le compte de l’émission Libre-Service sur Twitter, par exemple, qui fait son travail avec professionnalisme.
 
Il y a aussi des gens qui utilisent les médias sociaux comme vitrine professionnelle. C’est une façon pour ces travailleurs et leur employeur de se faire connaître, d’identifier des clients et d’établir leur crédibilité. Un employé dans une boîte de marketing web pourrait ainsi utiliser Twitter pour relever et relayer les tendances et les nouvelles de l’industrie.
 
Pour les autres travailleurs, ça dépend des politiques de l’employeur. Certains tolèrent les connexions aux médias sociaux pourvu que ce soit raisonnable, tandis que d’autres les interdisent complètement sur les heures de travail.
 
 
N’est-ce pas une perte de temps quand on se connecte au travail sans raison professionnelle? 
 
Il n’y a pas de consensus sur la question. Nucleus Research évalue que les médias sociaux réduisent de 1,5% la productivité aux États-Unis. Mais d’après d’autres études, les pauses sur le Net aideraient plutôt les travailleurs à mieux se concentrer ensuite. Ce seraient donc des micro-pauses stimulantes.
 
Mais si vous passez au total 20% de votre journée sur Twitter ou Facebook, on peut probablement affirmer sans risque de se tromper que vous êtes moins productif!
 
C’est peut-être pour cette raison que seulement 15% des employés approuvent l’utilisation des médias sociaux à des fins personnelles pendant les heures de travail, selon un sondage de l’Indice Kelly sur la main-d’œuvre mondiale datant de 2012. Les autres considèrent que celle-ci perturbe l'harmonie au travail. 
 
 
Comment savoir quelles sont les règles dans notre milieu de travail? 
 
Certains employeurs ont une politique précise en matière de médias sociaux, un code de conduite. C’est l’approche idéale, puisqu’un tel document clarifie les règles pour tous et prévoit les conséquences en cas de débordements.
 
Mais beaucoup d’entreprises n’ont rien de tel. Reste que vous n’avez pas pour autant le droit de passer vos matinées sur Twitter!
 
Selon le Code civil du Québec, tout travailleur est tenu d’être loyal envers son employeur. Le devoir de loyauté «implique chez le salarié une obligation générale de placer les intérêts de son employeur au-dessus de ses propres intérêts, évitant par le fait même toute concurrence directe ou indirecte avec les activités de son employeur, toute divulgation d’information confidentielle et tout comportement pouvant causer un préjudice à son employeur.»  
 
Perdre son temps au bureau ou nuire à l’image de l’employeur en ligne, ça compte comme un «préjudice à l’employeur».
 
Car au-delà de la perte de temps, il y a aussi toute la question de ce qui est dit sur les médias sociaux, pendant les heures de bureau et en dehors des heures de bureau. Avec les médias sociaux, il est facile de commettre une bourde de ce côté et d’être sanctionné ensuite.
 
Par exemple, on rapporte le cas d’une salariée d’un centre de soins pour personnes âgées qui a été congédiée pour avoir divulgué de l’information sur les patients et pour avoir critiqué son employeur dans son blogue personnel.
 
 
Est-ce que les employeurs ont vraiment le droit de fouiller ce qu’on a publié sur les médias sociaux? 
 
Si votre compte est public, tout le monde y a accès. Si votre compte est ouvert uniquement à vos amis ou à vos followers, vous n’êtes tout de même pas à l’abri. Vos propos peuvent être repris par un de vos «amis» du réseau.
 
 
Quelles sont donc les règles d’usage?
 
Respectez les règles établies par l’employeur. S’il tolère que vous soyez sur Facebook au bureau sans que votre productivité ne soit écorchée, ne dépassez pas les bornes. 
 
Ne diffusez pas d’information confidentielle ou stratégique. En 2010, la compagnie de sécurité informatique BitDefender s’est prêtée à une expérience révélatrice. Elle a créé une page Facebook pour une fausse blondinette de 21 ans qui a demandé à 2000 professionnels de devenir son «ami». 90% d’entre eux ont accepté. La fausse blonde a ensuite lancé des conversations avec 20 de ses nouveaux amis. Sept personnes sur 10 ont donné de l’information stratégique liée à leur emploi. 
 
Ce qu’on ne dirait pas à notre patron ou à nos collègues, on ne le dit pas sur les médias sociaux. Les commentaires négatifs envers l’entreprise n’y ont pas leur place non plus. Gardez ça pour les réunions constructives ou les rencontres avec votre patron.
 
Notez aussi que les médias sociaux peuvent mettre au jour les mensonges de salariés. De nombreuses personnes ont perdu leur emploi ou ont été suspendues pour s’être rapportées malades, avant de publier les photos d’un party bien arrosé quelques heures plus tard. D’autres ont perdu leurs indemnisations d’invalidité.
 
C’est le cas d’un chauffeur d’autobus de la STM qui demandait à être indemnisé pour une tendinite à l’épaule gauche en 2008. La Commission des lésions professionnelles a toutefois repéré des incohérences sur Facebook. Le blessé a participé à quatre biathlons et triathlons pendant sa période de convalescence.
 
 
En gros, la prudence est de mise…  
 
Votre image aussi en dépend et votre employabilité. Votre identité en ligne est un peu le prolongement de votre CV.
 
Selon une étude de 2009 du site Careerbuilder.com, 35% des employeurs qui utilisent les médias sociaux pour recruter y ont trouvé une raison de ne pas choisir un candidat: photos compromettantes, propos indécents… Ce que vous publiez maintenant sur les médias sociaux vous suivra!
 
 
Chroniqueur: Éric Grenier, Jobboom
 
 

article présent dans le dossier

LIBRE-SERVICE: BOULOT
Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
Lire le dossier

Vos commentaires

Soyez les premiers informés sur MATV

Pour tout savoir avant tout le monde et profiter de nos exclusivités