Les robots prendront-ils notre place au travail?

Les robots prennent leur place sur le marché du travail tranquillement depuis les années 60. Le premier robot industriel a été introduit en 1961 dans une usine de General Motors, au New Jersey. Il s’appelait Unimate et c’était tout simplement un bras qui pouvait faire quelques mouvements bien précis.

À la base, les robots ont été créés pour accomplir les tâches qui répondaient à la règle des 3 D: Dull, Dangerous et Dirty (ennuyant, dangereux et sale). Au départ, on les retrouvait dans les usines, surtout dans l’industrie automobile. Ils pouvait répéter sans cesse un même mouvement sans se blesser, peu importe la charge.
 
Aujourd’hui, par contre, les robots deviennent de plus en plus intelligents et abordables. On dit qu’en 15 ans, les prix ont fondu de moitié.
 
Des robots industriels sophistiqués peuvent coûter des centaines de milliers de dollars. Mais l’automne dernier, une compagnie américaine a lancé Baxter, un robot simple à programmer: on n’a qu’à littéralement lui montrer la tâche à accomplir et il la réalise.
 
Prix de vente: à partir de 22 000$. Puisqu’il a une durée de vie de 6 500 heures, ça revient à dire qu’il travaille pour 3,40$ l’heure! Il n’est pas le plus précis et le plus fort des robots, mais c’est tout de même une avancée à ce prix.
 
Cette baisse des coûts donne des idées aux entreprises manufacturières. En 2011, la compagnie taïwanaise Foxconn Technology, qui fabrique les téléphones intelligents iPhone, a annoncé son intention de remplacer son million d’employés par des robots au cours des prochaines années.
 
Mais même en dehors du secteur manufacturier, tous les secteurs d’emplois sont potentiellement menacés par les robots et les autres technologies qui peuvent nous remplacer. Ces dernières années, de nombreux essais ont été écrits en ce sens, dont le plus cité, Race Against The Machine, écrit par deux profs du MIT qui affirment que les travailleurs sont déjà entrés dans une course contre la machine, comme l’indique le nom du livre.
 
 
Les technologies ne peuvent certainement pas réfléchir comme nous?
 
Vous serez étonnés d’apprendre que des logiciels peuvent déjà remplacer des avocats à la recherche. Pour de gros dossiers, il arrive que des cabinets demandent à des dizaines d’avocats d’analyser des milliers de documents. Un logiciel de l’entreprise américaine Blackstone Discovery permet déjà de remplacer cette bande d’avocats pour effectuer le travail en un rien de temps… et à moindre coût bien sûr.
 
Et avec la voiture sans conducteur que Google met au point, le secteur des transports pourrait changer au cours des prochaines années. Ce système arrive à circuler dans le trafic sans problème. 
 
Dans le domaine de la santé, des robots sont déjà en service dans certains hôpitaux. Ici, même, à l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montéal, ils aident les médecins à réaliser des chirurgies. Ou encore, ils font la navette pour aller porter des médicaments à un patient.
 
Il y a a aussi des robots pour préparer les prescriptions en pharmacie, Avec la population qui vieillit et un système de santé sous pression, ils seront peut-être bien accueillis.
 
Une entreprise américaine vend aussi un trio de robots pompiers qui peut éteindre des feux. D'ici les années 2030, il pourrait donc y avoir autant de robots que d’humains sur Terre!
 
 
C’est donc une très mauvaise nouvelle pour nous?
 
Ça dépend du point de vue. Les plus pessimistes imaginent un monde où les inégalités se creuseraient en raison du manque de travail. Le travail payé deviendrait l’affaire d’une élite.
 
Pour les plus optimistes, si les robots, les bornes de service automatisées et les logiciels nous remplacent dans certaines tâches, c’est tant mieux. Nous pourrons faire autre chose et faire évoluer la société plus rapidement. On pourrait même en venir à moins travailler. 
 
Selon certains analystes, on se retrouve dans une situation similaire à celle d’avant la révolution industrielle du 19e siècle. À l’époque, 70% des Américains travaillaient en agriculture. Ils ont été remplacés par différentes machines. Si bien qu’aujourd’hui, seul 1% des Américains travaille en agriculture. Mais les autres ne sont pas restés chômeurs de génération en génération pour autant. De nouveaux emplois ont été créés. 
 
C’est ce à quoi on pourrait être en train d’assister: une grande vague de changement en matière d’emploi. Selon le magazine spécialisé en technologie Wired, 70% des emplois d’aujourd’hui auront disparu en 2100.
 
Pensez-y! Il y a 10 ans, le poste de gestionnaire des médias sociaux n’existait pas, par exemple. Dans 20 ans, de nombreux emplois qu’on ne peut même pas imaginer risquent d’être devenus communs.
 
 
Quels types d’emplois risquent d’être en demande dans le marché du travail du futur?
 
Évidemment, tout ce qui touche les technologies devrait demeurer un incontournable. Les robots et les logiciels ne peuvent pas s’inventer et se réparer eux-mêmes. Du moins, pour l’instant!
 
Les emplois de service qui nécessitent un contact en face à face ont encore un bel avenir. On s’imagine mal consulter un robot psychologue pour entreprendre une thérapie.
 
En fait, pour chaque domaine, ce sont les fonctions de base qui peuvent être remplacées. Par exemple en journalisme, des logiciels peuvent déjà écrire des comptes-rendus de matchs sportifs et des nouvelles d’ordre financier à la fermeture de la bourse. Mais pour une analyse en profondeur ou une chronique d’humeur, on risque de toujours préférer lire une plume humaine! De façon générale, les travailleurs qualifiés auront donc plus de chances de tirer leur épingle du jeu et ce, même dans l’industrie manufacturière, qui est la plus facile à automatiser.
 
Pour l’instant, les entreprises manufacturières québécoises s’inquiètent plutôt du manque de
main-d’œuvre qualifiée que du manque d’emploi qui pourrait être causé par la robotique. Les robots pourraient même nous aider à ramener ici des emplois manufacturiers délocalisés dans des pays où la main-d’œuvre coûte moins cher. Si les robots augmentent la productivité, ça peut devenir avantageux de rapporter ici certaines parties de la production. Il faudra donc s’en reparler dans 20 ans!
 
 

Chroniqueur: Éric Grenier, rédacteur en chef de Jobboom

 

Jobboom

 

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