La formation continue, c’est payant!

Pas besoin d’attendre d’être à la retraite pour continuer à s’instruire et à apprendre des choses. Il existe des formations de quelques heures, des cours d’une session dans un collège, il y a les études universitaires à temps partiel ou à temps plein… Bref, la formation continue a plusieurs visages et s’adresse à tous les travailleurs.

 

Que peut nous apporter la formation en cours de carrière?

Chaque formation nous donne un peu plus de valeur sur le marché du travail. On y gagne des compétences qui nous rendront meilleur et qui pourront nous faire progresser dans l’entreprise et dans notre carrière.

Par exemple, un employé d’une PME qui aura complété une formation de 45 heures sur la gestion des réseaux sociaux aura un avantage par rapport aux autres et ça pourra l’aider à acquérir de nouvelles responsabilités.

Malheureusement, trop peu de gens s’y intéressent ou y ont accès. Le tiers des Québécois reçoivent de la formation continue: c’est assez peu si on se compare avec l’Europe ou les États-Unis, où jusqu’à 50% des travailleurs mettent leurs compétences à jour au moyen de formations.

Mais on a beaucoup progressé: en 1995, seul un Québécois sur cinq suivait des formations en emploi.

 

La main-d’œuvre est de plus en plus scolarisée, de plus en plus compétente. Pourquoi les travailleurs ont-ils besoin de formation continue, leur formation de base est-elle déficiente ou vite périmée?

C’est plutôt que le marché du travail et les modes de production évoluent tellement vite aujourd’hui!

Dans les années 50 et 60, une bonne partie de la main-d’œuvre travaillait à l’usine, était peu qualifiée. Mais aujourd’hui, on est dans une économie de services, une économie du savoir, et donc les compétences, les logiciels, les façons de faire, tout ça bougent très vite. D’ailleurs, certains ordres professionnels obligent les membres à suivre un minimum de formation, comme c’est le cas au Barreau du Québec. Les avocats doivent suivre un minimum de 30 heures de formation aux deux ans.

On dit que les connaissances liées à un emploi ont un cycle de vie d’en moyenne huit ans. Au bout de ces huit ans, elles sont désuètes. Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), on parle même de trois ans, selon une étude de Merrill Lynch. C’est donc essentiel de se renouveler.

Aussi, nos fonctions évoluent en cours de carrière. Il est donc normal d’avoir besoin d’un coup de pouce d’un formateur qualifié. Par exemple, une technologue en imagerie médicale peut progresser dans la hiérarchie avec l’expérience et gérer une équipe. Un cours en gestion de personnel lui sera probablement utile.

Soit dit en passant, les cours de gestion sont parmi les plus populaires dans l’offre de formation continue à l’université.

 

Comment avoir accès à la formation? Vers qui se tourner?

Selon la loi, les entreprises québécoises qui ont une masse salariale supérieure à 1 million de dollars sont tenues d’investir l’équivalent de 1% de la masse salariale en formation. Beaucoup d’employeurs sont très proactifs, vont vous questionner sur vos besoins. Chez Gaz Métro, par exemple, 14 formateurs à l’interne veillent à la mise à jour des compétences des employés. Les 400 techniciens reçoivent une dizaine de journées de formation par année.

On peut aussi prendre l’initiative de demander à suivre une formation particulière. Ça témoigne de votre motivation au travail et ça peut apporter à l’entreprise. Pourvu que ça ait un lien direct avec votre travail, bien sûr! L’employeur sera peut-être prêt à vous libérer quelques heures pour suivre la formation désirée.

Par exemple, si vous avez à échanger avec les clients par courriel, une formation pour améliorer votre français ou votre anglais dans les échanges professionnels peut être très intéressante, pour vous, comme pour votre employeur, qui a intérêt à ce que vos communications écrites ne contiennent pas de fautes.

 

Si les formations ne sont pas offertes directement par l’entreprise, où les trouver?

Les ordres et les associations professionnels offrent des formations, Emploi-Québec aussi (à peu de frais, pour aussi peu que 2$ l’heure parfois), tout comme des entreprises privées et des organismes spécialisés dans la formation. Il ne faut pas oublier les établissements d’enseignement de tous les niveaux. L’offre est là, il suffit de s’y intéresser.

 

Ressources de formation continue:

Associations et ordres professionnels
Emploi-Québec
Entreprises et organismes spécialisés
Écoles professionnelles
Collèges
Universités

 

Évidemment, c’est aussi la responsabilité de chacun de faire des lectures sur son domaine, de suivre les nouveautés du secteur, de tester de nouveaux logiciels, de suivre les recherches. Sur Internet, on retrouve aussi toutes sortes de tutoriels et de documents pour nous aider à apprendre sur un sujet donné.

 

Et si nous suivons une formation de plus longue durée et que notre employeur la paie, que peut-il exiger de notre part par la suite?

Si votre employeur paie votre MBA ou votre certificat universitaire à temps partiel, par exemple, une entente sera conclue avec vous. Peut-être aurez-vous du temps pour étudier sur les heures de bureau, peut-être qu’on peut vous libérer de certaines tâches pendant les études. À vous de négocier.

Si votre employeur en paie une partie, ou la totalité, c’est là que ça peut vous engager à quelque chose: certaines entreprises vont exiger que vous remboursiez la formation si vous quittez l’entreprise avant un certain délai.

 

Est-ce que la formation est surtout importante pour les jeunes travailleurs?

Ça, c’est un mythe persistant. La réponse est non: la formation n’a pas d’âge. Il faut se former pendant toute notre carrière, il n’y a pas un âge où l’on peut cesser de se tenir à jour.

C’est un problème rencontré sur le terrain. Les travailleurs de 45 ans et plus sont moins intéressés par la formation continue. Pourtant, c’est essentiel pour demeurer à jour, pour ne pas se sentir dépassé, ou pour éviter de sentir qu’on est poussé vers la retraite…

Vous savez, environ 15% des personnes de 65 ans et plus continuent de travailler au Québec. Ces travailleurs sont souvent laissés pour compte en matière de formation: seuls 10% en reçoivent, contrairement à 40% en Angleterre.

 

En terminant, est-ce qu’il y a de la formation dans tous les domaines?

Tout à fait. Ça va des conseils de santé et sécurité jusqu’aux formations très pointues sur votre secteur. Il y a de la formation en coiffure, pour connaître les tendances et les nouveaux produits, tout comme il y en a pour les professionnels de la santé.

Voici quelques exemples de cours qui sont offerts cet hiver dans des collèges et écoles de formation professionnelle de Montréal: Cuisiner avec de la bière pour les cuisiniers, Comportement des arbres en milieu urbain pour les horticulteurs, Écrire sans fautes, Autocad pour l’architecture, Introduction à la comptabilité, etc.

Chacun peut y trouver son compte.

 

Pour information: Emploi-Québec, Jobboom
 

Chroniqueuse: Patricia Richard, directrice des contenus chez Jobboom

 

Jobboom

 

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