Les bienfaits et les mécanismes du rire

Le rire est une réaction innée primitive qu’on retrouve chez tous les êtres humains et qui apparaîtrait entre l’âge de 10 et 20 semaines. On sait qu’il est inné et non appris par imitation puisque même des enfants nés sourds et aveugles vont rire. Certains chercheurs avancent que les enfants riraient en moyenne 300 fois par jour tandis que les adultes, qui deviennent plus sérieux avec l’âge, rient autour de 20 fois par jour. Évidemment, différents facteurs comme la personnalité ou le contexte dans lequel évolue la personne peut faire en sorte qu’elle rira plus ou moins.

 

Théorie de l’évolution – rôle dans la survie/fonction social

Le rire est en général déclenché lorsqu'un individu accumule une tension (ou une peur) et qu'il s'aperçoit d'un coup qu'il n'y avait en fait aucun danger. La personne, qui a accumulé des hormones du stress face à un danger qui s’est avéré faux, va ensuite libérer des hormones qui visent à contrer les effets du stress. Et les personnes qui entendent le rire peuvent à leur tour rire et relâcher ces hormones au niveau du cerveau. Il permet de faire savoir quand et où il n'y a plus de danger pour le groupe pour pouvoir s'amuser et se relaxer.

Quelqu'un qui rit sans raison ou à contre-sens, c'est-à-dire en présence d'un danger réel, sera vu comme un fou. Le stéréotype du savant fou popularisé par le cinéma hollywoodien utilise ce principe pour le rire machiavélique. Se moquer de quelqu'un en riant consiste à communiquer qu'il ne représente aucun danger.

Pour un animal social comme l'homme, il peut être très dangereux d'avoir dans son groupe un individu envoyant de faux signaux. Le rire dans des contextes inappropriés provoque de la méfiance et du rejet.

 

Fonction sociale du rire

Comme l’a dit Charlie Chaplin: «Le rire est le chemin le plus court entre deux personnes».

Le rire peut être bénéfique pour la relation: il permet de détendre l’atmosphère, faciliter l’ouverture et la collaboration, créer une plus grande proximité… À condition de «rire avec l’autre» et non de «rire de»!

 

Déclencheurs du rire

Il est pertinent de distinguer le rire de type réflexe et involontaire d’un rire volontaire.

Rire involontaire

Il peut être déclenché par des chatouillements, une blague, penser à quelque chose de loufoque ou d’autres stimuli. Par exemple, comme le rire est contagieux, il peut simplement être déclenché en entendant un rire.

D’ailleurs, les chercheurs en psychologie cognitive ont trouvé que les mêmes parties du cerveau étaient activées lorsqu'une histoire drôle est racontée ou lorsqu'un rire est entendu. Une personne qui entend un rire à la suite d'une blague et qui se mettra à rire attribuera à la blague le fait qu'il ait ri. Cette expérience justifie l'utilisation de rires enregistrés (ou rires en canne) dans les émissions de télévision.

Rire volontaire

Nous ne rions pas uniquement lorsque c’est drôle. Au contraire, cela ne serait le cas que 1 fois sur 10. Cela s’expliquerait par la fonction sociale qu’occupe le rire, ce qui pourrait expliquer en partie son importance dans l’équilibre psychologique des personnes. Ce sont différentes parties du cerveau qui sont activées lorsqu’on rit de façon volontaire.

 

Les types de rire

Le «rire nerveux» est une accumulation de tensions qui se relâchent pour éviter la panique. Proche de lui, le fou rire est un rire incontrôlé, inapproprié et qui dure bien au-delà du rire classique.

Il existe une forme de pathologie, le fou rire prodromique, qui est associé à plusieurs syndromes neuropsychiatriques. Ce rire pathologique est rencontré après des lésions de certaines parties du cerveau, en particulier l'hypothalamus, le gyrus cortical antérieur ou le lobe temporal. L'acide valproïque en injection intraveineuse peut aussi provoquer cet état de rire prodromique.

Le «rire jaune» est en fait un rire forcé ou un faux rire, utilisé lorsqu'un individu veut se faire percevoir positivement, alors que celui-ci n'a pas envie de rire.

 

Le rire chez les animaux

Chez les primates: chimpanzés. gorilles, bonobos et orang-outans ont des réponses vocales s’apparentant au rire. Le rire du chimpanzé sonne diffèremment de celui de l’humain puisqu’il consiste en des inspirations et expirations bruyantes tandis que chez l’humain, le rire implique une série de hahaha, tous dans la même expiration et l’inspiration sera silencieuse. Ce qui déclenche le rire chez les primates, jeunes et adultes, s’apparentent aux mêmes déclencheurs que chez les enfants humains, qui réagissent à des stimuli humoristiques moins complexes que les adultes: les chatouilles, les jeux physiques et les «coucous».

Chez les rats: il se manifeste par des vocalisations ultrasoniques courtes et de hautes fréquences émises durant le jeu ou suite à des chatouilles. Les scientifiques ont découvert que, tout comme les humains, les rats ont une peau chatouilleuse. Il a été observé que les rats qui riaient davantage passaient plus de temps à jouer et préféraient passer du temps avec les rats qui riaient eux aussi. On a également noté que les ratons rient beaucoup plus que les rats plus âgés.

 

Les bienfaits du rire

Santé physique

Le rire assure une bonne oxygénation du sang, favorise la circulation sanguine, est un puissant relaxant musculaire, procure un massage des organes internes (surtout au niveau de l’abdomen), augmente la tolérance à la douleur.

Grâce au rire, l’hypothalamus (à la base du cerveau) sécrète des endorphines, hormones à propriétés antalgiques (qui réduit la douleur) qui réduisent les excès d’adrénaline et de cortisol générés par le stress. En diminuant la production chronique d’hormones liées au stress, on se protège des effets adverses qu’elles pourraient avoir sur notre santé, comme la suppression du système immunitaire et un risque accru des maladies cardiovasculaires.

Santé psychologique

Facultés cognitives: des recherches expérimentales ont démontré que lorsqu’un individu expérimente une émotion positive, par exemple, la joie, qui découle d’une séance de rire, on note une amélioration dans une variété d’habiletés cognitives (flexibilité cognitive accrue, capacité à s’engager une résolution plus créative de problèmes, organisation et intégration en mémoire plus efficaces et une pensée, planification et un jugement plus efficaces). Il a été prouvé que le sens de l’humour avait un effet modérateur dans la relation entre les expériences de vie stressantes et les perturbations de l’humeur rapportées. Également, il aurait été démontré que  l’humour diminuerait l’impact des irritants quotidiens et de la dépression.
 

Invitée: Catherine Boulé, psychologue

 

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