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L'art de la démission

On le sait: les travailleurs d’aujourd’hui ne restent plus fidèles à la même entreprise pendant toute leur carrière. Ça implique donc quelques démissions en cours de parcours. Mais attention, il faut soigner son départ!

 

Première chose: il faut éviter de démissionner de façon impulsive. Si on est en colère contre un patron ou un collègue en sortant d’une réunion, ce n’est pas une bonne raison de partir!

Il faut se demander pourquoi on veut démissionner. Premièrement, ça va nous permettre de valider que c’est la bonne chose à faire. Par exemple, si je démissionne parce que je n’arrive pas à m’entendre avec mon supérieur, il faut se demander si ce n’est pas nous qui avons un problème avec l’autorité. Dans ce cas, même si on change d’emploi, ça risque de se reproduire à nouveau.

Parfois, il suffit de parler de notre problème pour que ça se règle. Si on veut plus de défis au travail, on peut en discuter avec notre gestionnaire, qui sera peut-être ouvert à nous donner plus de responsabilités.

 

Bien cerner les raisons qui nous poussent à vouloir démissionner, ça nous permet également de mieux choisir notre prochain emploi. La démission valable, c’est celle qui fera progresser notre carrière. La démission est donc un processus de réflexion, de bilan.

Quand notre décision est prise, il faut se mettre à la recherche d’un autre emploi qui correspond à nos attentes. Car, à moins d’avoir une situation financière exceptionnelle, on démissionne habituellement quand on a trouvé un nouvel emploi. Le processus qui mène à la démission peut donc prendre plusieurs semaines.

 

Et comment doit-on annoncer notre démission?

C’est un peu comme une rupture amoureuse: on ne fait pas ça par courriel ou par texto! L’idéal, c’est de rencontrer notre supérieur en privé. Évidemment, on évite de parler de notre projet de démission aux collègues avant d’en parler à notre patron…

On explique à notre supérieur les raisons de notre départ, tout simplement. Si vos motifs sont sérieux, qu’ils découlent d’une réflexion comme je l’ai dit plus tôt, il acceptera plus facilement votre départ.

Par ailleurs, même si le départ est provoqué par des insatisfactions au travail, le mot d’ordre pour une démission réussie, c’est de rester professionnel en tout temps, de garder son calme.

Si notre expérience dans l’entreprise a été positive, on peut profiter de cette rencontre pour souligner ce qu’on a aimé de notre passage dans l’entreprise, parler des compétences qu’on a acquises. L’idée est de partir de cette rencontre sur une bonne note.

On doit aussi démontrer notre volonté de faciliter la transition. Car rappelez-vous que le départ d’un employé efficace n’est jamais une bonne nouvelle pour un gestionnaire. Vous remplacer prend du temps et de l’énergie et ça représente des coûts.

Il faut se préparer pour la grande annonce et être sûr de soi. Comment réagir si notre employeur nous offre une augmentation de salaire importante ou de nouvelles responsabilités? Il faut y réfléchir.

 

Si je quitte mon emploi parce que l’expérience a été très négative, que je suis déçu ou fâché, que je suis amère, que faire? Doit-on régler nos comptes?… ou simplement lancer la serviette et passer au dossier suivant?

Les crises servent rarement à quelque chose. Mais expliquer les raisons du départ, les insatisfactions, de façon constructive, oui, c’est intéressant. Tout est dans la façon de le dire. Dans certains cas, même, les responsables des ressources humaines vont vouloir nous rencontrer pour une entrevue de démission. Les entreprises ont intérêt à bien connaître ce qui nous a déplu, pour mieux retenir leur personnel. On peut même demander une entrevue de démission.

 

Et la lettre de démission?

Souvent, ce n’est pas une étape obligatoire, mais ça vous permet d’officialiser votre départ. Dans les plus grandes entreprises, ça permet aux ressources humaines de fermer votre dossier d’employé. On vous en demandera une dans certains cas.

Ne sortez pas les violons, à l’écriture: on reste neutre. La lettre contient le strict minimum, soit un texte, daté et signé, qui indique quand on quittera l’entreprise.

Vous la remettez à votre supérieur en mains propres quand vous lui annoncez la nouvelle, ou après cette rencontre, pour confirmer la date de départ dont vous aurez convenu ensemble, s’il y a lieu.

Car, pour ce qui est de la date du départ, le Code civil du Québec prévoit qu'un délai «raisonnable» doit être donné à l'employeur. Ce délai correspond généralement à un cycle de paye, donc deux semaines. Mais pour certains postes comprenant de plus grandes responsabilités, ça peut être plusieurs semaines ou quelques mois, même, par exemple, dans le cas d’un vice-président d’une grande entreprise. Pour ce genre de poste, on détermine une date avec l’employeur.  

 

Quelle est l’étiquette pour nos derniers jours au boulot?

C’est le temps de mettre de l’ordre dans ses dossiers. On doit préparer la transition: transmettez les informations importantes aux bonnes personnes. Indiquez à vos fournisseurs ou à vos clients qui ils devront contacter dorénavant. Il faut aussi libérer son espace de travail, par respect pour la personne qui prendra votre poste et qui n’aura certainement pas besoin de vos Post-it, aide-mémoire et autres objets accumulés dans les fonds de tiroir.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on quitte bientôt l’entreprise qu’on peut se permettre de travailler moins fort. Au contraire, même. On veut laisser une bonne image et les deux dernières semaines, si elles sont bâclées, peuvent suffire à effacer des années de bons services. Il ne faut pas oublier qu’on pourrait un jour avoir besoin de références de notre employeur, alors on doit préserver notre bonne réputation. Même chose pour les collègues, qu’on risque de recroiser un jour dans notre parcours professionnel. C’est le temps de remercier ceux qui vous ont aidé. Il faut entretenir ses relations professionnelles et ça aussi nous aide à tourner la page.

Pour vos dernières semaines dans l’entreprise, évitez de parler abondamment de l’emploi qui vous attend et d’utiliser des termes comme: «J’ai hâte que ça finisse!» et «Pu capable!». On reste positif. Et même après votre départ, en fait. Ce n’est jamais gagnant de parler en termes négatifs de son ancien employeur au travail.

 

En conclusion, il faut faire l’annonce de son départ en personne, donner une lettre de démission brève et rester professionnel jusqu’au bout.

Et ce n’est généralement pas une bonne idée de menacer son employeur de démissionner pour obtenir une promotion ou un quelconque avantage! On peut se retrouver pris au dépourvu si l’employeur accepte notre démission… La démission, c’est sérieux!

 

Chroniqueur: Éric Grenier, rédacteur en chef de Jobboom

 

Jobboom

 

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Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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