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Des conseils pour travailler à son compte, la suite

Avant de se lancer dans la vie de travailleur autonome, il importe préalablement d'analyser son marché potentiel ainsi que ses compétences professionnelles et personnelles (un bilan peut être fait avec un conseiller d’orientation ou un coach) et de s’organiser efficacement (équipement, environnement de travail, gardiennage des enfants).

 

On doit aussi faire l’analyse de notre situation financière.
 
Un bon plan d’affaires, qui peut tenir sur une dizaine de pages, permettra d’éviter les mauvaises surprises. Déterminez ce que vous voulez offrir comme services, qui sont vos clients potentiels et combien sont-ils. En vous basant sur ces données, vous pourrez aussi évaluer de façon réaliste vos mandats probables au cours des mois qui viennent.
 
Plus concrètement, on recommande d’ajouter au coût de vos outils, vos dépenses personnelles pendant au moins trois mois, le temps que votre entreprise décolle. Pour éviter la faillite, gardez en tête que votre financement, appuyé de vos ventes, devra au moins couvrir vos coûts de démarrage. Il faut aussi considérer le changement de statut sur le plan fiscal et les impacts que cela peut avoir. On peut consulter le site de Revenu Québec pour en savoir plus.
 
 
Si vous êtes un travailleur autonome qui débute, vos premiers clients se trouvent parmi vos amis, votre famille, vos connaissances, parce que c’est un marché facile.
 
Une fois que vous avez fait le tour de ce réseau proche, il faut amorcer un vrai travail de commercialisation de vos services.
 
 
Faites-vous connaître.
 
Intégrer des associations professionnelles de son domaine pour rencontrer des gens du milieu et faire connaître ses services, ou participer à des activités de la chambre de commerce ou de l’association des gens d’affaires de votre région pour élargir davantage votre réseau de connaissances.
 
 
Un site web
 
Affichez-vous sur Internet avec un site web et soyez actifs dans les medias sociaux. Attention toutefois, dans ce dernier cas, à bien séparer la vie personnelle des initiatives professionnelles…
 
 
Un plan de sollicitation
 
Ciblez des clients potentiels, des entreprises qui pourraient avoir besoin de vos services et contactez-les. Mais ne lancez rien en l’air, suivez un plan. Vous pouvez, par exemple, envoyer aux deux semaines une communication écrite (lettre ou courriel) présentant vos services à 15 clients potentiels, en précisant que vous communiquerez avec eux dans 10 jours. Et faites le suivi. Rappelez systématiquement pour voir s’ils sont intéressés à faire affaire avec vous.
 
 
Fixer un tarif juste et profitable est primordial pour le travailleur autonome qui débute. Se rattraper serait trop difficile. Attention! 
 
Le travailleur autonome qui établit mal son tarif de départ se place dans une situation précaire, car s’il demande trop au départ, il ne réussira pas à bâtir sa clientèle. En contrepartie, s’il propose des tarifs inférieurs au marché simplement pour s’attirer une clientèle, il perd en crédibilité. De plus, avec un tarif trop bas, on arrivera difficilement à se remettre à niveau sans perdre de clients. De là l’importance de bien comprendre comment ça se passe dans le marché qui nous intéresse.
 
Pour cela, on suggère de trouver des entrepreneurs qui proposent des services s’approchant le plus de ce que vous avez à offrir pour connaître leurs tarifs. Appelez-les en vous faisant passer pour un client et demandez-leur combien coûte tel ou tel service. Après trois ou quatre appels, vous aurez une bonne idée des tarifs en vigueur dans votre milieu. On peut aussi faire une recherche similaire sur les sites Internet de compétiteurs, de même qu’appeler les associations professionnelles dans son domaine. Certaines recommandent des taux horaires ou des grilles de tarification.
 
 
Offrez un premier contrat gratuit.
 
Parfois, le travailleur autonome offre un service unique ou très spécialisé qui n’a pas de comparable. Dans ce cas, on suggère de faire un contrat gratuitement. Par exemple, en prenant un petit travail pour un organisme sans but lucratif. Ensuite, on mentionne au client le prix qu’on aurait facturé à une entreprise à but lucratif et on valide avec lui si notre tarif est bon. Cet exercice donne une bonne idée de ce qu’on peut demander, sachant que ça pourra être un peu plus pour une entreprise privée. En prime, ce premier client constitue une référence intéressante à donner à ceux qui suivront.
 
 
Vaut mieux avoir un seul bon client que plusieurs «mauvais» clients… Qu’est-ce qu’un bon client?
 
Il a des besoins adaptés à vos services.
 
Le bon client est celui dont les besoins correspondent exactement aux services qu’on est en mesure d’offrir. Par exemple, si vous êtes une traductrice spécialisée dans le domaine médical et que vous acceptez un client qui a des besoins de traduction en informatique, vous ne faites pas une bonne affaire. Ce client va vous donner beaucoup plus de travail et exiger plus d’efforts parce que ce n’est pas votre créneau. En plus, le résultat ne sera peut-être pas à la hauteur de vos qualités professionnelles habituelles.
 
 
Il ne vient pas juste pour le prix.
 
Le bon client vient d’abord pour la qualité de vos services. Celui qui, dès le premier contact, tente de faire baisser vos prix, n’est pas le meilleur des clients. Il risque d’être infidèle et de se tourner vite vers un compétiteur s’il obtient un prix plus avantageux.
 
 
Il paie dans les délais prévus.
 
Le bon client est celui qui respecte les ententes que vous avez conclues avec lui à la signature du contrat. Il paie suivant les délais prévus. Le délai de paiement moyen est de 30 jours. Et attention, les grandes sociétés ne sont pas toujours au nombre des meilleurs payeurs…
 
 
Il vous envoie d’autres clients.
 
Le bon client est satisfait de vos services. Il parle de vous et vous envoie d’autres clients.
 
 
S’il y a de bons et de mauvais clients, y a-t-il de bons et de mauvais contrats?
 
Le bon contrat, c’est celui qu’on va pouvoir livrer dans les délais prévus, avec la qualité prévue…
Il faut donc le considérer en fonction de certains paramètres.
 
 
Ai-je le temps et la disponibilité?
Prenez un peu de temps pour réfléchir. Montrez-vous intéressé au projet du client et donnez-lui un rendez-vous téléphonique pour en reparler plus tard. Ça vous donnera le temps d’évaluer comment vous organiser pour mener à terme ce mandat.
 
 
Évaluez l’urgence
 
Vérifiez l’urgence du besoin du client. Parfois, on vous dit que c’est très pressant, mais en posant des questions, on se rend compte qu’il est possible de retarder l’échéance. Le seul fait d’étirer les délais d’une ou deux semaines peut nous permettre d’accepter le contrat malgré nos autres engagements.
 
 
Partagez ou déléguez le travail
 
Le travailleur autonome doit absolument avoir un réseau de collaborateurs sur qui compter quand il est débordé. Si on tient à un client, on peut ainsi accepter le mandat et le confier à un collègue qu’on supervisera. On peut aussi partager le travail en en prenant une partie et en confiant le reste à un collègue avec qui vous ferez équipe. Attention toutefois à trouver des personnes de confiance qui ont les mêmes critères de qualité que vous!
 
Pour vous allier des collaborateurs, faites partie d’une association de travailleurs autonomes ou d’un groupe de professionnels de votre domaine. Participez aux activités de ce groupe, comme les formations, les déjeuners-conférences ou les 5 à 7, pour créer des liens avec d’autres travailleurs.
 
Prévoyez les surprises
 
Dans une semaine, gardez 30 % de votre horaire de travail libre pour les imprévus. Ça vous donne du jeu si jamais une rencontre dure plus longtemps, si vous restez pris dans la circulation ou si un contrat vous demande plus de temps que prévu. Ça permet aussi de trouver le temps pour dépanner un important client qui demande un service urgent.
 
 
Ressources:
 
 
 
 
Chroniqueuse: Patricia Richard,  directrice des contenus et des services aux usagers chez Jobboom
 
 

Jobboom

 
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LIBRE-SERVICE: BOULOT
Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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