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Patrons et collègues toxiques: que faire?

Il suffit qu’un ou quelques collègues, sinon un patron, se révèlent de véritables casse-pieds pour que le climat de travail se détériore sérieusement. Or, selon un grand sondage réalisé par Jobboom  il y a quelques années, un bon climat de travail est la valeur numéro un recherchée par les travailleurs québécois.

Parce que c’est prouvé: là où règnent l’harmonie, la bonne entente, un environnement de bureau serein, règne aussi la productivité. Ça agit directement sur la motivation et l’engagement, sur la capacité à absorber les changements et à faire face aux pépins du quotidien sans se démoraliser. À l’inverse, ça peut être mauvais pour la santé: il y a en effet un lien étroit entre les maladies cardiovasculaires et le stress causé par une relation pénible au boulot, selon une étude menée auprès de travailleurs du milieu de la santé en Grande-Bretagne et publiée en juin 2003 dans le très sérieux Journal of Occupational and Environmental Medecine. Les employés qui perçoivent négativement leur patron ont une pression artérielle supérieure à la moyenne. Une situation conflictuelle avec un patron ou collègue et la perception que votre travail n'est pas reconnu font grimper d'environ 16% les risques de maladies coronariennes et de 38% ceux de crises cardiaques. Voilà qui donne froid dans le dos.

 

Au Québec, nos milieux de travail sont-ils agréables?

Pas si on se fie à un sondage réalisé par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés auprès des travailleurs québécois il y a deux ou trois ans: seulement 20% des entreprises pouvaient se vanter d’offrir un bon ou excellent climat de travail. Et dans la plupart des cas de mauvais climats, ce sont les individus qui sont en cause, employés comme patrons. On les appelle les toxiques!

 

C’est quoi être un collègue ou patron toxique?

L’humain ne manque pas d’imagination quand vient le temps d’être désagréable. Il y a une liste infinie de comportements qui peuvent saper le moral des troupes. Remarques désobligeantes, tendance à hausser le ton, rejet de toutes les idées, dénigrement, passer son temps à se plaindre. Ils peuvent être autoritaires, colériques, narcissiques, condescendants, manipulateurs. D’autres font dans le commérage, trahissent facilement, ou encore sont d’indécrottables indiscrets.

 

LES DIFFÉRENTS TYPES DE «TOXIQUES»

Le trop indiscret: à l’origine des rumeurs…

D’abord, demeurer discret sur votre situation personnelle, et même professionnelle. Ne parlez que de l’essentiel. Et pour dissuader les fouineurs et les curieux de vous interroger sur des questions privées, veillez à maintenir une certaine distance. Des rumeurs circulent sur vous et vous suspectez un collègue d’en être l’instigateur? Confrontez-vous à lui en tête-à-tête. Restez calme: en prenant le mors aux dents, vous ne feriez qu’ajouter de la crédibilité aux accusations. Dites-lui, même si c’est du bluff, que vous détenez la preuve qu’il propage des informations douteuses sur votre compte. Faites-lui peur en le menaçant de porter l’affaire devant la direction.

 

La diva: veut faire de l’ombre aux autres…

Félicitez-le dès qu’il réalise un bon coup. S’il se sent reconnu par ses confrères, il aura peut-être moins besoin de se vanter auprès du patron. Son comportement ne varie pas? Il veut vous écraser. Jouez cartes sur table: vous aussi, vous êtes intéressé par tel ou tel projet. Il doit comprendre qu’il n’est pas seul en lice et, surtout, que vous voyez clair dans son jeu.

 

Le boss des bécosses: intrusif, donneur d’ordres…

Il vous surveille, vous donne des ordres… Ça détruit la confiance en soi et freine l’esprit d’initiative. Certains en profitent même pour s’attribuer la paternité du travail d’un collègue de bureau. Il faut le tenir à distance. Remerciez-le pour ses conseils, mais dites-lui que vous n’êtes pas très à l’aise avec ses intrusions répétées et qu’il doit respecter votre façon de faire et qu’il déborde largement de son périmètre de pouvoir et de sa définition de tâches. Ou court-circuiter le, en parlant directement au supérieur: «Je lui ai dit que je ne voulais pas abuser de son temps. Il fallait que je sorte de ce cercle vicieux.»

 

L’arriviste: abuse de votre expertise…

Toujours en train de téter, vous fait perdre beaucoup de votre temps. Il vous soutire des informations, profite de votre expertise et de vos contacts sans jamais renvoyer l’ascenseur. Il peut aussi jouer sur la pitié, la peur de la punition… Tout dépend de votre point faible. Et en cas de problème, il bat en retraite et vous envoie au front. Pour le contrer, proposez-lui un mode de fonctionnement plus collaboratif. Montrez-lui l’intérêt qu’il aurait à s’impliquer davantage. Il ne manifeste aucune envie de jouer collectif ? Montrez-vous plus méfiant, moins serviable, et restez évasif lorsqu’il vous sollicite, faites de la rétention d’informations. Une façon de lui faire comprendre que c’est donnant-donnant.

 

Le saboteur: nuit à votre crédibilité…

Il vous oublie quand vous devez être informé, égare des documents ou des trucs que vous lui aviez confiés, déforme vos paroles ou vos messages aux autres. Votre crédibilité est en jeu! Ne lui confiez plus rien. Documentez chacun de ses gestes de sabotage, essayez au possible de limiter vos interactions avec lui.

 

Le paresseux: vous rajoute du travail...

Sa devise? Faire le minimum. Il ne cherche pas de nouveaux clients, ne participe pas aux réunions, ne fait preuve d’aucune initiative. Refuse et délègue toute autre tâche connexe. Lassé de son inertie, vous finissez par faire le travail à sa place. Pour sortir de ce cercle vicieux, faites front avec vos autres collègues: rappelez les échéances à respecter, les objectifs à atteindre, le mode de fonctionnement du service… Chacun doit s’engager publiquement afin d’inciter le mauvais élève à respecter sa part du contrat. Et maintenez la pression en faisant des points fréquents. Ne le couvrez surtout pas, laissez-le se pendre.

 

Le malveillant: veut vous faire mal paraître...

Sa technique est claire: faire trébucher sa cible, si possible en public pour que l’impact soit encore plus négatif. Dès qu’il vous attaque, demandez-lui de clarifier ses propos. Vous le forcerez à sortir du bois et vous gagnerez du temps pour trouver la réplique cinglante qui le dissuadera de recommencer. Attention, cependant, à ne pas prendre toutes les critiques pour des attaques personnelles: demandez-vous d’abord si elles sont justifiées et quelle est la stratégie sous-jacente. Votre collègue est-il sincère ou essaie-t-il, par ce biais, d’obtenir votre place? Peut-être aussi
agit-il de la sorte car il a peur que vous lui fassiez de l’ombre. La meilleure parade est d’être soi-même irréprochable: soignez votre travail, respectez les délais, suivez les procédures de validation, etc. Il finira par se décrédibiliser aux yeux des autres.

 

Un collègue ou un patron toxique peut-il devenir un intimidateur ou un harceleur?

Il ne faut pas mêler collègue ou patron toxique avec le harcèlement. L’intimidation, c’est quand tout ce que je viens de vous énoncer vous arrive à vous seul, de façon répétée, et que ça menace sérieusement votre santé mentale. Et pour ça, vous avez des recours auprès de la Commission des normes du travail.

 

Chroniqueur: Éric Grenier, rédacteur en chef du magazine Jobboom 

 

 Jobboom

 

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Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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