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Des conseils pour travailler à son compte

Les travailleurs autonomes se définissent comme des personnes qui créent leur propre emploi. Au Québec, ils étaient 546 500 en 2010, deux fois plus qu’il y a 30 ans! De 2000 à 2009, leur nombre a crû de 21%, pendant que celui des travailleurs salariés augmentait de seulement 10%. 

Dans les faits, ce sont les 55 ans et plus qui sont responsables de 70% de la hausse totale du travail autonome dans la province depuis 10 ans.

Les secteurs de la finance, de l’assurance, du génie, des technologies de l’info ont fait émerger beaucoup de consultants seniors au cours des dernières années.

 

Est-ce vrai de dire que de plus en plus de gens choisissent de travailler à leur compte

Certains domaines, pour des raisons de saisonnalité ou de fonctionnement par projet, offrent moins d’emplois permanents et forcent quasiment à opter pour ce statut: c’est le cas du secteur des médias, des arts et de la communication; la construction également, par exemple. Mais on a vu beaucoup le mode de fonctionnement par projet ou le secteur de la consultation se développer aussi dans d’autres secteurs, comme celui des technologies de l’information, de la finance… La tentation de se lancer à leur compte pour certains travailleurs ayant développé des expertises particulières ou cumulé un certain nombre d’années d’expérience s’est grandement développée.

 

Travailleurs autonomes et entrepreneurs, est-ce la même chose?

Les travailleurs autonomes ont des caractéristiques entrepreneuriales, mais leurs motivations sont différentes. Les entrepreneurs ont le goût d’innover et d’avoir la responsabilité d’une entreprise et d’employés. Les travailleurs autonomes en solo, pigistes ou consultants, recherchent le plus souvent une meilleure conciliation travail-famille, le contrôle de leurs horaires, ne plus avoir à rendre des comptes sur leurs activités à une autorité extérieure. Ils se veulent maîtres de leurs conditions d’emploi.

Pour ceux qui commencent dans des secteurs où le travail autonome est un mode de fonctionnement répandu, comme le journalisme, ou le secteur des communications en général, il devient particulièrement important de multiplier les stages et les expériences de travail pendant les études, par exemple, afin de créer rapidement un réseau de contacts. Il faut commencer tôt à s’informer sur le bassin de clients éventuels, développer son sens de l’organisation, comprendre les besoins du marché pour éventuellement savoir comment on peut se démarquer. En fait, dès qu’on comprend que le travail autonome est un mode de fonctionnement de son industrie, le plus tôt on doit se préparer en aiguisant sa proactivité. On peut aussi compléter sa formation par des cours d’entrepreneuriat ou de lancement d’entreprise qui peuvent nous aider à encadrer notre démarche.

Pour faire de la consultation, on recommande surtout d’avoir cumulé une certaine expérience comme salarié dans son domaine avant de se lancer, question d’avoir développé son réseau de contacts, de bénéficier d’une certaine réputation et d’avoir de la crédibilité. Il faut posséder une bonne connaissance de son industrie et, si possible, avoir développé une spécialisation recherchée, comme la gestion de projet, le marketing numérique, ou autre selon son domaine.

Par ailleurs, pour se créer du boulot après une perte d’emploi ou transformer une passion en gagne-pain, se lancer à son compte peut être une excellente alternative, mais il faut être réaliste, car certains domaines, sont plus dynamiques que d’autres. Ici, il y a une grande similitude entre lancer son entreprise ou travailler à son compte, même si on ne met pas une pancarte au coin de la rue: si on décide d’offrir ses services de couturière dans un quartier où il y a déjà plusieurs personnes déjà à l’œuvre, on risque d’arriver dans un marché saturé. L’important pour tous les travailleurs autonomes est de bien analyser notre offre de service en fonction du territoire et de son marché.

 

Et quelles sont les qualités qu’il faut avoir?

Si vous rêvez d’horaires moins chargés, travailler à son compte permet d’avoir une certaine liberté… mais surveillée! Vous aurez non pas un, mais plusieurs patrons: vos clients. Et ils ne se parlent pas entre eux. Ce qui peut vouloir dire que vous devrez répondre à des exigences ou des demandes urgentes.

Donc, vaut mieux avoir les qualités suivantes:

Tolérance à l’insécurité financière

Gérer son horaire, être organisé et discipliné

Être proactif pour le réseautage et la recherche de nouveaux clients

Un certain goût du risque

Savoir se vendre (connaître et mettre en valeur ses forces)

Avoir envie de travailler pour et avec vous-même, souvent dans votre propre maison

Savoir négocier (contrats, tarifs, recouvrement de paiements…)

 

Il faut aussi bien faire ses recherches à propos du marché?

Si un marché florissant de travail à la pige ou contractuel (par exemple en technologies de l’information) existe déjà dans votre région ou votre secteur, il sera sans doute plus facile de vous y établir.

Inversement, si vous travaillez dans un secteur ou un domaine où il y a très peu de concurrence, vous vous trouverez peut-être en excellente position pour devenir pigiste/professionnel.

 

Analyser ses compétences en fonction du marché (bien connaître ses points forts et ses points faibles).

Un conseiller d’orientation ou un mentor (coach) peut nous aider à faire un bilan professionnel.

Compétences professionnelles et compétences personnelles.

 

S’organiser

Organiser son environnement de travail, le gardiennage des enfants au besoin, etc.

Analyser sa situation financière, les implications d’avoir un nouveau statut fiscal et les impacts sur notre mode de vie (pas de vacances et de jours de maladie payés, par exemple).

 

Faut-il prévoir un budget particulier pour se lancer

On recommande d’ajouter au coût de vos outils, vos dépenses personnelles pendant au moins trois mois, le temps que votre entreprise décolle. Pour éviter la faillite, gardez en tête que votre financement, appuyé de vos ventes, devra au moins couvrir vos coûts de démarrage.

 

Un bon plan d’affaires, qui peut tenir sur une dizaine de pages, permettra d’éviter les mauvaises surprises. Déterminez ce que vous voulez offrir comme services, qui sont vos clients potentiels et combien sont-ils. En vous basant sur ces données, vous pourrez évaluer de façon réaliste vos mandats probables au cours des mois qui viennent.

 

Et signe que le marché du travail autonome est en pleine expansion, Jobboom a lancé l’an dernier un site spécialement dédié aux pigistes et aux donneurs de contrats?

Cette plateforme est tout à fait gratuite pour les travailleurs autonomes et consultants, ainsi que pour les entreprises qui la consultent. Jobboom Pigistes permet de faire la promotion de ses services, de mettre à la disposition des employeurs son CV ou son portfolio, de présenter des soumissions pour des projets.

Le système facilite la relation entre les travailleurs et les entreprises qui les embauchent en prenant en charge le paiement du pigiste une fois le contrat octroyé, le paiement est garanti et réservé à l’avance. La gestion des feuilles de temps et des factures est également intégrée dans Jobboom Pigistes. Actuellement, cette base de données répertorie les services de quelque 3000 pigistes dans 15 secteurs, et affiche des projets pour lesquels on a besoin d’expertise dans une dizaine de secteurs. La consultation d’un site comme celui-ci peut également nous aider à connaître les besoins des entreprises qui recherchent des pigistes ou des consultants, en préparation de notre propre lancée!

 

Chroniqueuse: Patricia Richard, directrice des contenus et des services aux usagers chez Jobboom

 

 Jobboom

 

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Démystifier les défis de la vie au travail que l’on soit employeur, employé ou chômeur.  
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